• Les Troyens - Libretto in English - Act II

    Act II

    As far as we know, to date there is no *free* English translation of Berlioz's epic opera Les Troyens available to be consulted online, worldwide (except for members of some libraries in specific countries). There are copyrighted translations available for a fee. As a service to the operatic community, Opera Lively has translated the original public domain French libretto into English and has hereby made our translation available online, free of charge. This version however, even though we've made it available for free, is also copyrighted. Links to it can be published without authorization, as well as small bits, not larger than the equivalent of one aria. Full reproduction, however, would be a violation of copyrights if not authorized by Opera Lively (use the Contact Us form).

    We make no claim that our translation has literary or poetic qualities. It is merely provided as a service to the reader who is interested in this sublime opera.

    Les Troyens, Grand-Opéra in Five Acts, libretto in French (1856) by Hector Berlioz, based on Virgil's Aeneid.

    Translation into English. © Opera Lively Press - Natalie Greenly - Luiz Gazzola, 2012-2022, all rights reserved.

    (Each section contains one act. See other articles under this section for the other acts)

    ACTE DEUXIÈME

    Premier Tableau

    Nº 12 - Scène et Récitatif

    (Un appartement du palais d'Énée, qu'éclaire à peine une lampe. Rumeurs de combats éloignés. Énée à demi-armé dort sur son lit. Ascagne sort tout effrayé d'un appartement voisin. Il écoute; il s'approche du lit de son père. Les bruits de la ville cessant de se faire entendre, il n'ose pas le réveiller et s'en retourne. D'un coin obscur s'avance vers Énée le spectre sanglant d'Hector d'un pas lent le solennel. Sa barbe et sa chevelure sont souillées et en désordre. Parvenu auprès d'Énée, il reste un instant immobile à le contempler et soupire profondément. Un bruit d'écroulement au loin, plus fort que les précédents, éveille Énée en sursaut. Il voit Hector debout devant lui et après un instant d'indécision il lui adresse la parole, à demi levé sur son lit.)

    ÉNÉE
    Ô lumière de Troie!... Ô gloire des Troyens!
    Après tant de labeurs de tes concitoyens,
    De quels bords inconnus reviens-tu? Quel nuage
    Semble voiler tes yeux sereins?
    Hector, quelles douleurs ont flétri ton visage?

    L'OMBRE D'HECTOR
    Ah!... fuis, fils de Vénus!
    l'ennemi tient nos murs!
    De son faîte élevé Troie entière s'écroule!
    Un ouragan de flammes roule
    Des temples aux palais ses tourbillons impurs...
    Nous eussions fait assez pour sauver la patrie
    Sans l'arrêt du destin. Pergame te confie
    Ses enfants et ses dieux. Va, cherche l'Italie...
    Où pour ton peuple renaissant,
    Après avoir longtemps erré sur l'onde
    Tu dois fonder un empire puissant,
    Dans l'avenir, dominateur du monde,
    Où la mort des héros t'attend.

    (Hector s'éloigne avec solennité et sa forme devient de plus en plus indistincte pendant qu'Énée le suit d'un regard effaré.)

    Nº 13 - Recitatif et Choeur

    (Entre Panthée blessé au visage et portant les dieux de Troie.)

    ÉNÉE
    Quelle espérance encore est permise, Panthée?
    Où combattre, où courir?

    PANTHÉE
    La ville ensanglantée
    Brûle! c'est notre jour fatal!
    Priam n'est plus! Sortis du monstrueux cheval,
    Les Grecs ont massacré les gardes de nos portes.
    Déjà d'innombrables cohortes,
    Affluant du dehors, courent de toutes parts
    Attiser l'incendie
    Qu'alluma de leurs chefs l'infâme perfidie;
    D'autres occupent les remparts.

    (Entre Ascagne.)

    ASCAGNE
    Ô père! le palais d'Ucalégon s'écroule!
    Son toit fondant en pluie ardente coule!

    ÉNÉE
    (l'interrompant)
    Suis-nous, Ascagne!

    (Entre Chobère, à la tête d'une troupe armée.)

    CHORÈBE
    Aux armes, grand Énée!
    Viens, la Citadelle cernée
    Tient encor!

    ÉNÉE
    A tout prix il faut y parvenir.
    Prêts à mourir
    Tentons de nous défendre.
    Le salut des vaincus est de n'en plus attendre.

    (Grands bruits et cris lointains.)

    CHOEUR
    Le salut des vaincus est de n'en plus attendre.
    Entendez-vous
    L'écroulement des tours?... la flamme dévorante?
    Les hurlements des Grecs?
    Toujours leur foule augmente.
    Marchons! le désespoir dirigera nos coups.

    TOUS
    Prêts à mourir, tentons de nous défendre,
    Le salut des vaincus est de n'en plus attendre.

    (Énée prend la main d'Ascagne et le place au milieu d'un groupe armé.)

    Mars! Erinnys! conduisez-nous!

    (Ils sortent.)

    Deuxième Tableau

    Nº 14 - Choeur - Priere

    (Un intérieur du palais de Priam. Dans le fond, une galerie à colonnade dont le parapet peu élevé donne sur une place située à une assez grande profondeur. Entre les colonnades on aperçoit ou loin le mont Ida. L'autel de Vesta-Cybèle allumé. Polyxène, femmes troyennes, groupées autour de l'autel. Quelques-unes sont agenouillées, d'autres assises à terre plusieurs sont couchées sur les gradins de l'autel, la face contre terre. Toutes dans l'attitude du plus profond accablement)

    CHOEUR DES TROYENNES
    Ah!
    Puissante Cybèle,
    Déesse immortelle,
    Mère des malheureux,
    A les Troyens sois secourable,
    A leurs efforts sois favorable
    En ces moments affreux!
    Sauve de l'outrage
    Et de l'esclavage
    Leurs mères, leurs soeurs.
    Brise l'arme impie
    De la perfidie
    Aux mains des vainqueurs,
    Puissante Cybèle, etc.

    Nº 15 - Recitatif et Choeur

    (Entre Cassandre, les cheveux épars.)

    CASSANDRE
    Tous ne périront pas. Le valeureux Énée
    Et sa troupe, trois fois au combat ramenée,
    Ont délivré nos braves citoyens
    Enfermés dans la Citadelle.
    Le trésor de Priam est aux mains des Troyens.
    Bientôt en Italie, où le sort les appelle,
    Ils verront s'élever, plus puissante et plus belle,
    Une nouvelle Troie. Ils marchent vers l'Ida.

    CHOEUR
    Et Chorèbe?

    CASSANDRE
    Il est mort.

    CHOEUR
    Dieux cruels!

    CASSANDRE
    De Vesta,
    Pour ta dernière fois, à l'autel, je m'incline.
    Je suis mon jeune époux. Oui, cet instant termine
    Mon inutile vie.

    CHOEUR
    O digne sœur d'Hector!
    Prophétesse que Troie accusait de démence!
    De nous sauver, hier, il était temps encor,
    Quand elle prédisait cette ruine immense!

    CASSANDRE
    Bientôt elle ne sera plus.

    CHOEUR
    Ô désespoir! Ô regrets superflus!

    CASSANDRE
    Mais vous, colombes effarées,
    Pouvez-vous consentir
    A l'horrible esclavage? et voudrez-vous subir,
    Vierges, femmes déshonorées
    La loi brutale des vainqueurs?

    CHOEUR
    Faut-il bannir tout espoir de nos cœurs?

    CASSANDRE
    L'espoir! Ô malheureuses!
    Dans ces ténèbres lumineuses
    Ne voyez-vous, n'entendez-vous donc pas
    Les cruels Myrmidons qui remplissent nos rues
    Et ceux qui du palais gardent les avenues?

    CHOEUR
    C'en est fait, rien ne peut nous sauver de leurs bras.

    CASSANDRE
    Rien, dites-vous? Si l'honneur vous anime,
    (montrant la galerie)
    Pour qui donc cet abîme
    Est-il ouvert devant vos pas?

    (montrant son poignard et les ceintures des femmes)

    Pour qui ce fer et ces cordons de soie,
    Sinon pour vous, femmes de Troie?

    (Un petit groupe se tait et manifeste une terreur profonde.)

    UNE PARTIE DU CHOEUR
    Héroïne d'amour
    Et d'honneur, tu dis vrai! nous te suivrons!

    CASSANDRE
    Le jour
    Ne vous trouvera pas par les Grecs profanées!

    LE GRAND CHOEUR
    Non, Cassandre, nous le jurons!

    CASSANDRE
    Vous ne paraîtrez pas en triomphe traînées?

    LE GRAND CHOEUR
    Jamais! jamais! avec toi nous mourrons.

    Nº 16 - Final

    (Les femmes se parlent entre elles. Quelques-unes
    prennent de lyres et en jouent en chantant.)

    LE GRAND CHOEUR
    Complices de sa gloire,
    En partageant son sort,
    Des Grecs par notre mort
    Flétrissons la victoire!
    Pures et libres nous vivions.
    En cette nuit fatale
    Pures et libres descendons
    A la rive infernale!

    CASSANDRE
    (interpellant le petit groupe)
    Vous qui tremblez et gardez le silence,
    Vous hésitez?

    LE PETIT GROUPE
    Ah! je me sens frémir!

    CASSANDRE
    Eh quoi! vous subiriez une vile existence
    indigne des grands cœurs?

    LE PETIT GROUPE
    Hélas!... déjà mourir!

    CASSANDRE
    (avec explosion)
    Allez dresser la table et le lit de vos maîtres!
    Esclaves, loin de nous!

    LE PETIT GROUPE
    Pitié...

    CASSANDRE ET LE GRAND CHOEUR
    Honte sur vous!
    Descendez vers ces traîtres,
    Jetez-vous à leurs pieds, embrassez leurs genoux!

    (avec une violente expression de mépris)

    Allez vivre! Thessaliennes!
    Honte sur vous! sortez! vous n'êtes pas Troyennes!

    (Elles les chassent. Le petit groupe recule en silence devant les autres femmes jusqu'à la coulisse il sort enfin de la scène. Toutes les autres redescendent la scène avec une exaltation toujours croissante.)

    LE GRAND CHOEUR
    Cassandre, avec toi nous mourrons!
    On ne nous verra pas par les Grecs profanées,
    Nous ne paraîtrons pas en triomphe traînées,
    Non, non, jamais, nous le jurons.

    (Reprenant leurs lyres.)

    Complices de sa gloire, etc.
    Ouvre-nous, noir Pluton,
    Les portes du Ténare!
    Fais retentir, Caron,
    Ta funèbre fanfare!

    CASSANDRE
    (avec la plus grande exaltation)
    Chorèbe! Hector! Priam!
    Roi! père! frère! Amant!
    Je vous rejoins! entendez leur serment.
    Dieux des enfers!

    (Elle saisit la lyre d'une Troyenne.)

    Mourez dignes de gloire,
    Et partageant mon sort
    Des Grecs par votre mort, etc.

    (Un chef grec entre pendant la fin de cette scène; il s'avance rapidement l'épée haute, et s'arrête étonné à l'aspect des Troyennes.)

    UN CHEF GREC
    (pendant la fin du choeur)
    Quoi! la lyre à la main!... de ce noble transport.
    J'admire malgré moi la sublime ironie!
    Cassandre!... qu'elle est belle ainsi chantant la mort,
    Bacchante à l'oeil d'azur s'enivrant d'harmonie!

    (Entre une partie des Grecs.)

    LES SOLDATS
    Le trésor! le trésor! livrez-nous le trésor!

    (Ils lèvent leurs épées sur les femmes.)

    CASSANDRE
    Nous méprisons votre lâche menace,
    Monstres ivres de sang, troupe immonde et rapace!
    Vous n'étancherez pas, brigands, votre soif d'or!

    (Elle se frappe et tends le poignard à Polyxène.)

    Tiens! la douleur n'est rien!

    (Polyxène se frappe à son tour. Cassandre se soutient toujours.)

    AUTRE TROUPE DE GRECS
    (entrant)
    Dieux ennemis! Ô rage!
    Couverts de sang, du milieu du carnage,
    Énée et ses Troyens échappent à nos coups.
    Et, maîtres du trésor, ils sortent!...

    CASSANDRE, LES FEMMES
    (Quelques-unes dénouent leur ceinture et tirant leur poignard.)
    Malgré vous,
    Aux chemins de l'Ida déjà les voilà tous,
    Et nous bravons votre furie.

    (Toutes agitant leurs voiles et leurs écharpes du côté de l'Ida.)

    Sauve nos fils, Énée!
    Italie! Italie!

    (Quelques-unes se précipitent, d'autres s'étranglent
    et se poignardent. Cri d'horreur des Grecs s'élançant vers la galerie. Pendant cette dernière scène, Cassandre, après s'être frappée, et voyant les Troyennes monter sur le parapet pour se précipiter, s'avance en chancelant vers le fond du théâtre; mais les forces lui manquent avant de parvenir à la galerie. Elle s'affaisse aux genoux, puis se relevant pour un suprême effort et rendant les bras vers l'Ida, elle s'écrie: Italie! et tombe morte.)
    SECOND ACT

    First Scene

    Nº 12 - Scene and Recitative

    (An apartment in Aeneas’ palace, barely lit by a lamp. Distant combat noise. Aeneas is asleep on his bed, half-armed. Ascanius comes out of a neighboring apartment, frightened. He listens; he approaches his father’s bed. The city noise fades; he dare not wake his father, and turns away from him. From a dark corner the bloody ghost of Hector advances slowly and solemnly towards Aeneas. His beard and hair are dirty and disheveled. Arriving by Aeneas, he remains motionless for a moment, looking at him, and sighs deeply. The noise of a collapsing building, louder than the previous ones, startles and awakens Aeneas. He sees Hector standing in front of him and after a moment of hesitation he addresses him, half rising from his bed..

    AENEAS
    Oh, light of Troy!... ¡Oh, glory of the Trojans!
    After so much work by your fellow citizens,
    From what unknown borders do you return? What cloud seems to veil your serene eyes?
    Hector, what woes have withered your face?

    THE GHOST OF HECTOR
    Ah!... flee, son of Venus!
    The enemy holds our walls!
    From their high ridge the whole of Troy crumbles!
    A hurricane of flames unfurls
    Its tainted eddies from temples to palaces…
    Without fate’s decree, we could have done enough
    To save the motherland. Pergamus entrusts you
    With his children and his gods. Go, seek Italy…
    Where for your reborn people,
    After having erred for a long time over the waves,
    You shall found a mighty empire,
    That in the future will dominate the world,
    And where a hero’s death awaits you.

    (Hector departs solemnly, and his form becomes more and more blurry while Aeneas follows him with a look of alarm.)

    Nº 13 - Recitative and Chorus

    (Enter Panthus, his face wounded, holding the gods of Troy.)

    AENEAS
    What hope may we still have, Panthus?
    Should we fight or flee?

    PANTHUS
    The blood-soaked city
    Burns! Our doom is nigh!
    Priam is no more! Issued from the monstrous horse, the Greeks have massacred the guards at our gates, and already innumerable cohorts,
    Pouring in from outside, race all over
    Fanning the flames
    That shone light on their leaders’ vile treachery;
    Others occupy the battlements.

    (Enter Ascanius)

    ASCANIUS
    Oh, father! Ucalegón’s palace is collapsing!
    Its roof is melting and falling like fiery rain!

    AENEAS
    (Interrupting him)
    Follow us, Ascanius!

    (Coroebus enters, at the head of an armed troop.)

    COROEBUS
    To arms, great Aeneas!
    Come, the Citadel is surrounded
    But still resists!

    AENEAS
    We need to reach it whatever the cost.
    Though prepared to perish,
    Let us attempt our defense.
    The refuge of the vanquished lies in not awaiting rescue.
    (Loud noises and distant cries.)

    CHORUS
    The refuge of the vanquished lies in not awaiting rescue. Can you hear
    The towers crumbling? The devouring flame?
    The roars of the Greeks?
    Their crowd is still increasing in numbers.
    Let us march! Our despair will aim our blows.

    ALL
    Though prepared to perish, let us attempt our defense, the refuge of the vanquished lies in not awaiting rescue.

    (Aeneas takes Ascanius’s hand and places him in the middle of an armed group.)

    Mars! Erinyes! Guide us!

    (They exit.)

    Second Scene

    Nº 14 - Chorus - Prayer

    (Interior of Priam’s palace. In the back, a colonnade with a slightly elevated balcony opens over a much lower plaza. Between the columns we see Mount Ida in the distance. The altar of Vesta-Cybele is lighted. Polyxena, Trojan women, are around the altar. Some are kneeling, others sit on the ground, many lie on the terrace of the altar, face to the ground. All have an attitude of the deepest despair.)


    CHORUS OF TROJAN WOMEN
    Ah!
    Powerful Cybele,
    Immortal goddess,
    Mother of the unfortunate,
    Render help to the Trojans,
    Show favor to their efforts,
    In this terrible time!
    Save from dishonor
    And from slavery
    Their mothers, their sisters.
    Break the ungodly weapons
    Of treachery
    In the very hands of the conquerors,
    Powerful Cybele, etc.

    Nº 15 - Recitative and Chorus

    (Cassandra enters, her hair disheveled.)

    CASSANDRA
    Not all will perish. Worthy Aeneas
    And his troops, thrice renewing combat,
    Have freed our brave citizens
    Immured in the Citadel.
    Priam’s treasury is safe in Trojan hands.
    Soon to be in Italy, where fate beckons them,
    They will see built, even more powerful and beautiful, A new Troy. They march towards Mount Ida.

    CHORUS
    And Coroebus?

    CASSANDRA
    He is dead.

    CHORUS
    Cruel gods!

    CASSANDRA
    Before the altar of Vesta
    I prostrate myself one last time.
    I follow my young spouse. Yes, here is an end
    To my useless life.

    CHORUS
    Oh, worthy sister of Hector!
    Prophetess whom Troy accused of insanity!
    Yesterday was still time to save us,
    When she predicted this huge downfall!

    CASSANDRA
    Soon she will be no more.

    CHORUS
    Oh, despair! Oh, vain regrets!

    CASSANDRA
    But you, frightened doves,
    Can you consent
    To this horrible slavery? And will you submit
    Dishonored maidens and women,
    To the conquerors’ brutal law?

    CHORUS
    Must we banish all hope from our hearts?

    CASSANDRA
    Hope! Oh unhappy ones!
    In these luminous shadows,
    Can you not see, can you not hear
    The cruel Myrmidons who fill our streets
    And those who guard the avenues of the palace?

    CHORUS
    All is ended; nothing can save us from their embraces!

    CASSANDRA
    Nothing, say you? If you are driven by honor,
    (points to the gallery)
    Why does this chasm, then,
    Open before you?

    (Shows her dagger and points to the women’s belts)

    For whom is this weapon and its silken bindings,
    If not for you, women of Troy?

    (A small group remains silent, showing profound horror.)

    A PART OF THE CHORUS
    Champion of love
    And honor, you speak the truth! We will follow you!

    CASSANDRA
    The break of day
    Will not find us sullied by the Greeks!

    THE GREAT CHORUS
    No, Cassandra, we swear it!

    CASSANDRA
    You will not be paraded in triumph?

    THE GREAT CHORUS
    Never! Never! We will die with you!

    Nº 16 - Final

    (The women confer together. Some of them
    take up lyres, and play and sing.)

    THE GREAT CHORUS
    Partners in her glory,
    Sharing her fate,
    Let us, through our death,
    Blight the victory of the Greeks
    Pure and free we have lived.
    On this fatal night
    Pure and free we will descend
    To the shores of Hades!

    CASSANDRA
    (Talking to a small group)
    You who tremble and keep silence,
    Do you hesitate?

    A SMALL GROUP
    Ah! I tremble!

    CASSANDRA
    What?! Would you endure a vile existence
    Unworthy of great hearts?

    A SMALL GROUP
    Alas! To die, already!

    CASSANDRA
    (explosively)
    Go and prepare the table and the bed of your masters! Slaves, away from us!

    A SMALL GROUP
    Have pity...

    CASSANDRA, THE GREAT CHORUS
    Shame on you!
    Go down to those traitors,
    Throw yourselves at their feet, clasp their knees!

    (With a violent expression of contempt)

    Go and survive! Thessalians!
    Shame on you! Go! You are not Trojans!

    (They chase them away. The small group moves silently backstage in front of the other women, and finally exits. All the others return to the stage in ever growing exaltation.)

    THE GREAT CHORUS
    Cassandra, we wiil die with you!
    We will not be violated by the Greeks,
    We will not be paraded in triumph,
    No, no, never, we swear.

    (Taking up their lyres again.)

    Partners in her glory, etc.
    Open up for us, black Pluto,
    The gates of Tenarus!
    Ring out, Charon,
    Your funereal fanfare!

    CASSANDRA
    (in the greatest exaltation)
    Coroebus! Hector! Priam!
    King! Father! Brother! Lover!
    I join you! Hear their oath.
    Gods of Hades!

    (She seizes the lyre of a Trojan woman.)

    Die worthy of glory,
    And in sharing my fate
    Let us through our death, etc.

    (A Greek chieftain enters towards the end of this scene; he advances quickly with his sword drawn, and stops in astonishment at the sight of the Trojan women.)

    A GREEK CHIEFTAIN
    (while the Chorus finishes singing)
    What?! With a lyre in their hands… Despite myself I admire the sublime irony of this noble emotion.
    Cassandra!... how beautiful she looks while singing of death,
    Blue-eyed priestess of Bacchus, heady with harmonies!
    (A group of Greeks enters.)

    SOLDIERS
    The treasure! The treasure! Give us the treasure!

    (They draw their swords at the women.)

    CASSANDRA
    We despise your craven threat,
    Monsters drunk on blood, foul and predatory band!
    You will not quench, you thugs, your thirst for gold!

    (She stabs herself and gives the dagger to Polyxena.)

    Take it! The pain is nothing!

    (Polyxena stabs herself in her turn. Cassandra holds herself up.)

    ANOTHER GROUP OF GREEKS
    (Entering)
    Enemy gods! Oh fury!
    Blood-sodden, in the midst of the carnage,
    Aeneas and his Trojans escape our blows.
    And, masters of the treasure, they leave!...

    CASSANDRA, WOMEN
    (Some of the women undo their belts and draw their daggers.)
    Despite your efforts,
    They are all already on the paths of Ida,
    And we brave your ire.

    (They all wave their veils and scarves towards Mount Ida.)

    Save our sons, Aeneas!
    Italy! Italy!

    (Some jump from the balcony, others hang themselves or stab themselves. The Greeks shout in horror and run towards the colonnade. During this last scene, Cassandra, after stabbing herself and seeing the Trojans climb the balcony to jump down, advances staggering to the back of the stage; but her strength falters before she reaches the colonnade. She falls to her knees, and then by a supreme effort she stands again, and spreading her arms to Mount Ida, she shouts: Italy! and falls dead.)


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