• Les Troyens - Libretto in English - Act III

    Act III

    As far as we know, to date there is no *free* English translation of Berlioz's epic opera Les Troyens available to be consulted online, worldwide (except for members of some libraries in specific countries). There are copyrighted translations available for a fee. As a service to the operatic community, Opera Lively has translated the original public domain French libretto into English and has hereby made our translation available online, free of charge. This version however, even though we've made it available for free, is also copyrighted. Links to it can be published without authorization, as well as small bits, not larger than the equivalent of one aria. Full reproduction, however, would be a violation of copyrights if not authorized by Opera Lively (use the Contact Us form).

    We make no claim that our translation has literary or poetic qualities. It is merely provided as a service to the reader who is interested in this sublime opera.

    Les Troyens, Grand-Opéra in Five Acts, libretto in French (1856) by Hector Berlioz, based on Virgil's Aeneid.

    Translation into English. © Opera Lively Press - Natalie Greenly - Luiz Gazzola, 2012-2022, all rights reserved.

    (Each section contains one act. See other articles under this section for the other acts)

    DEUXIÈME PARTIE:
    LES TROYENS À CARTAGE.

    ACTE TROISIÈME

    (Une vaste salle de verdure du palais de Didon à
    Carthage. Sur l'un des côtés s'élève un trône entouré des trophées de l'agriculture, du commerce, et des arts; sur l'autre côté et au fond un amphithéâtre en gradins, sur lequel une innombrable multitude est assise, au lever du rideau.)

    Nº 17 - Choeur

    CHOEUR
    (d'une partie du peuple carthaginois)
    De Carthage les cieux semblent bénir la fête!
    Vit-on jamais un jour pareil
    Après si terrible tempête?
    Quel doux zéphyr! notre brûlant soleil
    De ses rayons calme la violence;
    A son aspect la plaine immense
    Tressaille de joie; il s'avance
    Illuminant le sourire vermeil
    De la nature à son réveil.

    Nº 18 - Chant National

    (Entre Didon avec sa suite. A son entrée tout le peuple assis sur les gradins de l'amphithéâtre se lève en agitant des voiles de diverses couleurs, des palmes, des fleurs. Didon va s'asseoir sur son trône ayant sa soeur à sa droite et Narbal à sa gauche; quelques soldats les entourent.)


    CHOEUR GENERAL
    Gloire à Didon, notre reine chérie!
    Reine par la beauté, la grâce, le génie,
    Reine par la faveur des dieux,
    Et reine par l'amour de ses sujets heureux!

    (Le peuple agite des palmes et jette des fleurs.)

    Nº 19 - Récitatif et Air

    DIDON
    (debout, du haut de son trône)
    Nous avons vu finir sept ans à peine,
    Depuis le jour où, pour tromper la haine
    Du tyran meurtrier de mon auguste époux,
    J'ai dû fuir avec vous,
    De Tyr à la rive africaine.
    Et déjà nous voyons Carthage s'élever,
    Ses campagnes fleurir, sa flotte s'achever!
    Déjà des bords lointains où s'éveille l'aurore
    Vous rapportez, laboureurs de la mer,
    Le blé, le vin et la laine et le fer,
    Et les produits des arts qui nous manquent encore.
    Chers Tyriens, tant de nobles travaux
    Ont enivré mon coeur d'un orgueil légitime!
    Mais ne vous lassez pas, suivez la voix sublime
    Du Dieu qui vous appelle à des efforts nouveaux!
    Donnez encore un exemple à la terre;
    Grands dans la paix, devenez dans la guerre
    Un peuple de héros.

    LE PEUPLE
    Grands dans la paix, etc.

    DIDON
    Le farouche Iarbas veut m'imposer la chaîne
    D'un hymen odieux;
    Son insolence est vaine.

    LE PEUPLE
    Son insolence est vaine.

    DIDON
    Le soin de ma défense est à vous
    comme aux dieux.

    LE PEUPLE
    Gloire à Didon, notre reine chérie!
    Chacun de nous est prêt à lui donner sa vie!
    Tous nous la défendrons.
    Nous bravons d'Iarbas l'insolence et la rage,
    Et nous repousserons
    Jusqu'au fond des déserts ce Numide sauvage!

    DIDON, PEUPLE
    Chers Tyriens! oui, vos nobles travaux, etc.

    DIDON
    Cette belle journée,
    Qui dans vos souvenirs doit rester à jamais,
    A couronner les oeuvres de la paix
    Fut par moi destinée.
    Approchez, constructeurs,
    Matelots, laboureurs;
    Recevez de ma main la juste récompense
    Due au travail qui donne la puissance
    Et la vie aux Etats.

    Nº 20 - Entree des Constructeurs

    (Les constructeurs en cortège s'avancent vers le trône. Didon donne à leur chef une équerre d'argent et une hache. Le cortège retourne au fond du théâtre.)

    Nº 21 - Entrée des Matelots

    (Les matelots en cortège s'avancent vers le trône.
    Didon donne à leur chef un gouvernail et un aviron. Le cortège retourne au fond du théâtre.)

    Nº 22 - Entrée des Laboureurs

    (Le cortège des laboureurs, plus nombreux que les
    deux précédents, s'avance lentement vers le trône;
    un vieillard robuste le conduit.)

    Nº 23 - Recitatif et Choeur

    (Didon donne au vieillard chef du laboureurs une
    faucille d'or, puis, tenant à la main une couronne
    de fleurs et d'épis, elle s'écrie: )

    DIDON
    Peuple! tous les honneurs
    Pour le plus grand des arts,
    L'art qui nourrit les hommes!

    LE PEUPLE
    Vivent les laboureurs! nous sommes
    Leurs fils reconnaissants; ils nous donnent le pain!

    DlDON
    (à part)
    Ô Cérès! l'avenir de Carthage est certain!

    CHOEUR GENERAL
    Gloire à Didon, notre reine chérie!
    Chacun de nous est prêt à lui donner sa vie.
    Prouvons-lui notre amour par des gages nouveaux.
    Colons, marins, formons un peuple de héros!
    Gloire à Didon, notre reine chérie!
    Reine par la beauté, etc.

    (Le peuple, conduit par Narbal, défile en cortège devant le trône de Didon et sort.)

    Nº 24 - Recitatif et Duo

    DIDON
    Les chants joyeux, l'aspect de cette noble fête,
    Ont fait rentrer la paix en mon coeur agité.
    Je respire, ma soeur, oui, ma joie est parfaite,
    Je retrouve le calme et la sérénité.

    ANNA
    Reine d'un jeune empire
    Qui chaque jour s'élève florissant,
    Reine adorée et que le monde admire,
    Quelle crainte avait pu vous troubler un instant?

    DIDON
    Une étrange tristesse,
    Sans causes, tu le sais, vient parfois m'accabler.
    Mes efforts restent vains contre cette faiblesse,
    Je sens transir mon sein qu'un ennui vague oppresse,
    Et mon visage en feu sous mes larmes brûler...

    ANNA
    (souriant)
    Vous aimerez, ma soeur...

    DIDON
    Non, toute ardeur nouvelle
    Est interdite à mon coeur sans retour.

    ANNA
    Vous aimerez, ma soeur...

    DIDON
    Non, la veuve fidèle
    Doit éteindre son âme et détester l'amour.

    ANNA
    Didon, vous êtes reine, et trop jeune, et trop belle,
    Pour ne plus obéir à cette douce loi;
    Carthage veut un roi.

    DIDON
    (montrant à son doigt l'anneau de Sichée)
    Puissent mon peuple et les dieux me maudire,
    Si je quittais jamais cet anneau consacré!

    ANNA
    Un tel serment fait naître le sourire
    De la belle Vénus; sur livre sacré
    Les dieux refusent de l'inscrire.

    DIDON
    Sa voix fait naître dans mon sein
    La dangereuse ivresse;
    Déjà dans ma faiblesse
    Contre un espoir confus je me débats en vain.

    ANNA
    Ma voix fait naître dans son sein
    Des rêves de tendresse;
    Déjà dans sa faiblesse,
    Au doux espoir d'aimer elle résiste en vain.

    DIDON
    Sichée! Ô mon époux, pardonne
    A cet instant d'involontaire erreur,
    Et que ton souvenir chasse loin de mon coeur
    Ce trouble qui l'étonne.

    ANNA
    Didon, ma tendre soeur, pardonne,
    Si je dissipe une trop chère erreur,
    Pardonne si ma voix excite dans ton coeur
    Ce trouble qui l'étonne.

    Nº 25 - Récitatif et Air

    IOPAS
    Echappés à grand peine, à la mer en fureur,
    Reine, les députés d'une flotte inconnue
    D'être admis devant vous implorent la faveur.

    DIDON
    La porte du palais n'est jamais défendue
    A de tels suppliants.

    (Sur un signe de la reine, Iopas sort.)

    Errante sur les mers,
    Ne fus-je pas aussi, de rivage en rivage,
    Emportée au sein de l'orage
    Jouet des flots amers!
    Hélas, des coups du sort je sais la violence
    Sur ceux qu'il frappe. Au malheur compatir
    Est facile pour nous. Qui connut la souffrance
    Ne pourrait voir en vain souffrir.

    Nº 26 - Marche Troyenne

    (dans le mode triste.)

    DIDON
    (à part)
    J'éprouve une soudaine et vive impatience
    De les voir, et je crains en secret leur présence.

    (Elle monte sur son trône. Entrent Énée sous un
    déguisement de matelot, Panthée, Ascagne, et les
    chefs Troyens portant des présents.)

    Nº 27 - Recitatif

    ASCAGNE
    (s'inclinant devant la reine)
    Auguste reine, un peuple errant et malheureux
    Pour quelques jours vous demande un asile.
    Je dépose à vos pieds les présents précieux,
    Débris de sa grandeur, que, par ma main débile
    Au nom de Jupiter, vous offre un chef pieux.

    DIDON
    De ce chef, bel enfant, dis-moi le nom, la race.

    ASCAGNE
    Ô reine, sur nos pas une sanglante trace
    Des monts de la Phrygie a marqué les chemins
    Jusqu'à la mer. Ce sceptre d'Ilion,

    (Il offre un à un les présents.)

    Fille du roi Priam, d'Hécube la couronne,
    Et ce voile léger d'Hélène où l'or rayonne,
    Doivent vous dire assez que nous sommes Troyens.

    DIDON
    Troyens!

    ASCAGNE
    Notre chef est Énée,
    Je suis son fils.

    DIDON
    Etrange destinée!

    PANTHÉE
    (s'avançant)
    Obéissant au souverain des dieux
    Ce héros cherche l'Italie,
    Où le sort lui promet un trépas glorieux
    Et le bonheur de rendre aux siens une patrie.

    DIDON
    Qui n'admire ce prince, ami du grand Hector?
    Qui de son nom fameux n'est ignorant encor?
    Carthage en est remplie.
    Dites-lui que mon port ouvert à ses vaisseaux
    L'attend. Qu'il vienne, qu'il oublie
    Avec vous à ma cour ses pénibles travaux.

    Nº 28 - Final

    NARBAL
    (entrant avec agitation)
    J'ose à peine annoncer la terrible nouvelle!

    DIDON
    Qu'arrive-t-il?

    NARBAL
    Le Numide rebelle,
    Le féroce Iarbas
    Avec d'innombrables soldats
    S'avance vers Carthage.

    CARTHAGINOIS
    (au loin)
    Des armes! des armes!

    NARBAL
    Et la troupe sauvage
    Egorge nos troupeaux
    Et dévaste nos champs.
    Mais des malheurs nouveaux
    Menacent la ville elle-même:
    A nos jeunes guerriers dont
    l'ardeur est extrême
    Les armes vont manquer.

    DIDON
    Que dites-vous, Narbal?

    NARBAL
    Que nous allons tenter un combat inégal.

    CARTHAGINOIS
    Des armes! des armes!

    ÉNÉE
    (s'avançant après avoir laissé tomber son déguisement de matelot. Il porte un brillant costume et la cuirasse, mais sans casque ni bouclier.)
    Reine, je suis Énée!
    Ma flotte sur vos bords par les vents entraînée
    A de rudes travaux fut par moi destinée;
    Permettez aux Troyens de combattre avec vous!

    DIDON
    J'accepte avec orgueil une telle alliance!
    Énée armé pour ma défense!
    Les dieux se déclarent pour nous.

    (à part, à Anna)

    Ô ma soeur, qu'il est fier, ce fils de la déesse,
    Et qu'on voit sur son front de grâce et de noblesse!


    ÉNÉE
    Sur cette horde immonde d'Africains,
    Marchons Troyens et Tyriens,
    Volons à la victoire ensemble!
    Comme le sable emporté par les vents
    Chassons dans ses déserts brûlants
    Le Numide éperdu; qu'il tremble.

    ÉNÉE, PANTHÉE, NARBAL, IOPAS
    ASCAGNE, DIDON, ANNA, TROYENS
    C'est le dieu Mars qui vous/nous rassemble,
    C'est le fils de Vénus qui vous/nous guide aux combats!
    Exterminez/exterminons la noire armée,
    Et que demain la renommée
    Proclame au loin la honte et la mort d'Iarbas!

    (Pendant la fin de ce morceau, on apporte ses armes d'Énée. Il met rapidement son casque, passe à son bras son vaste bouclier et saisit ses javelots.)

    ÉNÉE
    (à Panthée)
    Annonce à nos Troyens l'entreprise nouvelle
    Où la gloire les appelle.

    (Panthée sort.)

    Reine, bientôt du barbare odieux
    Vous serez délivrée. A vos soins généreux
    J'abandonne mon fils.

    DIDON
    De mon amour de mère
    Pour lui ne doutez pas.

    ÉNÉE
    (à Ascagne)
    Viens embrasser ton père.

    (Il l'embrasse en le couvrant tout entier de ses
    armes. Ascagne pleure sans répondre.)

    D'autres t'enseigneront, enfant, l'art d'être heureux;
    Je ne t'apprendrai, moi, que la vertu guerrière
    Et le respect des dieux;
    Mais révère en ton coeur et garde en ta mémoire
    Et d'Énée et d'Hector les exemples de gloire.

    (Le peuple de Carthage accourt de toutes parts demandant des armes. Quelques hommes seulement sont armés régulièrement, les autres portent des faux, des haches, des frondes. Panthée rentre en scène. Ascagne essuyé tout à coup ses larmes et s'élance à côté des chefs troyens.)

    ENSEMBLE
    Des armes! des armes!
    Sur cette horde immonde d'Africains,
    Marchez/ marchons Troyens et Tyriens, etc.
    SECOND PART:
    THE TROJANS IN CARTHAGE.

    THIRD ACT

    (A vast green courtyard in Dido’s palace in Carthage. On one side sits a throne surrounded by trophies of agriculture, commerce, and arts; on the other side and at the back, a terraced amphitheater, where a large crowd is sitting, as the curtain rises).

    Nº 17 - Chorus

    CHORUS
    (one section of the Carthaginian people)
    The heavens of Carthage seem to bless the festival! Has there ever been such a day
    After so fearful a storm?
    How sweet is the breeze! Our blazing sun
    Soothes the storm’s fury with its rays;
    Beneath its orb the immense plain
    thrills with joy; it moves though the sky
    Lighting up the rosy smile
    Of nature at its awakening.

    Nº 18 – National Anthem

    (Enter Dido with her court. When she enters, all the people seated in the amphitheater stand up and wave multicolored banners, palms, and flowers. Dido takes her seat on her throne with her sister on her right and Narbal on her left; some soldiers stand guard around her.)

    GENERAL CHORUS
    Glory to Dido, our beloved queen!
    She reigns by her beauty, grace, and wisdom;
    She reigns with the blessing of the gods,
    And by the love of her happy subjects!

    (People wave palms and throw flowers.)

    Nº 19 - Recitative and Aria

    DIDO
    (Standing, from the height of her throne.)
    It has been barely seven years,
    Since the day when, to foil the ire
    Of the tyrannical murderer of my august spouse,
    I had to flee with you,
    From Tyre to the African shore.
    And already we see Carthage rise up,
    Its fields in flower, its fleet complete!
    Already from the distant shores where dawn rises,
    You bring back, toilers of the sea,
    Wheat, wine, wool, and iron,
    And the goods that we still lack.
    Dear Tyrians, such noble labours
    Have intoxicated my heart with righteous pride.
    But do not falter, heed the sublime voice
    Of the God who urges you to strive anew!
    Give yet another example to the earth;
    Great in peace, become in wartime
    A heroic people

    THE PEOPLE
    Great in peace, etc.

    DIDO
    Fierce Iarbas wants to fetter me in the chains
    Of a hateful marriage;
    His arrogance is in vain.

    THE PEOPLE
    His arrogance is in vain.

    DIDO
    I count on you to defend me,
    And on the gods.

    THE PEOPLE
    Glory to Dido, our beloved queen!
    Each of us would lay down his life for her!
    Together we will defend her.
    We defy the arrogance and fury of Iarbas,
    And we will drive back
    To the end of the deserts this Numidian savage!

    DIDO, PEOPLE
    Dear Tyrians, such noble labours, etc.

    DIDO
    This beautiful day,
    Which will remain always in your memory,
    Has been dedicated by me
    To crown the works of peace.
    Approach, builders,
    Sailors, farmers,
    Receive from my hand the just reward
    For the work that gives the State
    Its power and its life.

    Nº 20 – Entrance of the Builders

    (The builders advance towards the throne. Dido gives their leader a silver set-square and an axe. The procession returns to the back of the stage.)

    Nº 21 – Entrance of the Sailors

    (The sailors advance towards the throne. Dido gives their leader a helm and an oar. The procession returns to the back of the stage.)

    Nº 22 – Entrance of the Farmers

    (The procession of the farmers, more numerous than the two preceding ones, advances slowly towards the throne; led by a hale old man)

    Nº 23 - Recitative and Chorus

    (Dido gives to the aged leader of the farmers a
    golden sickle, and then, holding in her hands a wreath of flowers and ears of corn, she proclaims: )

    DIDO
    People! All honor
    To the greatest of arts,
    The art that feeds the people!

    THE PEOPLE
    Long life to the farmers! We are
    Their grateful children; they give us bread!

    DIDO
    (Aside)
    Oh, Ceres! The future of Carthage is secure!

    GENERAL CHORUS
    Glory to Dido, our beloved queen!
    Each of us would lay down his life for her!
    Let us prove our love for her through new
    pledges. Settlers, sailors, let us become a heroic people! Glory to Dido, our beloved queen!
    She reigns by her beauty, etc.

    (The people, led by Narbal, parade in procession before Dido’s throne, and exit.)

    Nº 24 - Recitative and Duet

    DIDO
    The happy songs, the sight of this noble festival,
    Have restored peace to my troubled heart.
    I breathe again, my sister, yes, my joy is perfect,
    I return again to calm and serenity.

    ANNA
    Queen of a budding empire
    That rises flourishing every day,
    Beloved queen admired by the world
    What fear has briefly disturbed you?

    DIDO
    A strange sadness,
    Without reason, as you know, overwhelms me at times. I struggle in vain against this weakness,
    A chill pierces my bosom, oppressed by vague troubles, and burning tears sear my flushed face…

    ANNA
    (Smiling)
    You will love, my sister...

    DIDO
    No, any new attachment
    Is irrevocably forbidden to my heart.

    ANNA
    You will love, my sister…

    DIDO
    No, the faithful widow
    Must suppress her soul and shun love.

    ANNA
    Dido, you are queen, and too young, and too beautiful, to defy the sweet rule of love;
    Carthage needs a king.

    DIDO
    (Displaying Sychaeus’ ring on her finger)
    May my people and the gods curse me,
    If I ever remove this sacred ring!

    ANNA
    Such an oath makes lovely Venus
    Smile; the gods refuse
    To note it in their sacred books.

    DIDO
    Her words raise in my breast
    A dangerous intoxication;
    Already in my weakness,
    I fight in vain an uncertain hope.

    ANNA
    My words raise in her breast
    Dreams of tenderness;
    Already in her weakness,
    She fights in vain the sweet hope of love.

    DIDO
    Sychaeus! Oh, my husband, forgive me
    This brief involuntary failing
    And may your memory banish from my heart
    This unexpected turmoil.

    ANNA
    Dido, my tender sister, forgive me
    If I dispel a fallacy too dear to you
    Forgive me if my words create in your heart
    This unexpected turmoil.

    Nº 25 - Recitative and Aria

    IOPAS
    Barely saved from the angry sea,
    Queen, the representatives of an unknown fleet
    Beg admission to your presence.

    DIDO
    The doors of my palace are never barred
    To such supplicants.

    (The queen dismisses Iopas; he exits.)

    Wandering the seas,
    Was I not also, from shore to shore,
    Drawn into the eye of the storm
    A plaything of the cruel seas!
    Alas, I know the violence of fate’s blows
    On those that it targets. Compassion for others’ woes is easy for us. Those who have known pain
    Cannot see others suffer in vain.

    Nº 26 – Trojan March

    (In the sad mode)

    DIDO
    (Aside)
    I feel a sudden and vivid desire
    To see them, and secretely I fear their presence.

    (She takes a seat on her throne. Aeneas enters
    disguised as a sailor, Panthus, Ascanius and
    Trojan chieftains bear gifts.)

    Nº 27 - Recitative

    ASCANIUS
    (Bowing in front of the queen)
    August queen, a wandering and unfortunate people requests a few days of shelter.
    I lay at your feet these precious gifts;
    Remnants of a devoted leader’s greatness,
    Offered in the name of Jupiter, by means of my weak hand.
    DIDO
    Lovely child, tell me the name and nation of this commander.
    ASCANIUS
    Oh queen, our steps are stained with blood
    On the paths from the Phrygian mountains
    To the sea. This scepter of Iliona,

    (he offers the gifts one by one)

    Daughter of King Priam, this crown of Hecuba’s,
    And Helen’s fine veil glinting with gold,
    Should tell you clearly that we are Trojans.

    DIDO
    Trojans!

    ASCANIUS
    Our chief is Aeneas,
    I am his son.

    DIDO
    Strange fate!

    PANTHUS
    (Advancing)
    Obeying the king of gods,
    This hero seeks Italy,
    Where fate has promised him a glorious death
    And the joy of giving a country to his people.

    DIDO
    Who can fail to admire this prince, friend of the great Hector? Who is unaware of his famous name? All Carthage speaks of nothing else.
    Tell him that my port awaits his ships.
    May you all come, may you forget
    Your misfortunes in my court.

    Nº 28 - Final

    NARBAL
    (Enters, perturbed)
    I hardly dare announce such terrible news!

    DIDO
    What is happening?

    NARBAL
    The Numidian rebel,
    Fierce Iarbas
    With countless soldiers
    Advances upon Carthage.

    CARTHAGINIANS
    (From a distance)
    Arms! We need arms!

    NARBAL
    The savage troops
    Butcher our herds
    And raze our fields.
    But new woes
    Threaten the city itself:
    Our young warriors
    With their extreme ardor
    Lack weapons

    DIDO
    What are you saying, Narbal?

    NARBAL
    That we are planning to take part in an unequal combat.
    CARTHAGINIANS
    Arms! We need arms!

    AENEAS
    (Coming forward, no longer dressed as a sailor, he is clad in shining armor, but wears no helmet or shield.)

    Queen, I am Aeneas!
    My fleet, blown by the winds upon your shores,
    Was destined by me for rugged deeds;
    Permit the Trojans to fight alongside you!

    DIDO
    I accept such an alliance with pride!
    Aeneas armed in my defense!
    The gods are on our side.

    (Aside, to Anna)

    Oh sister, how proud he is, this son of a goddess,
    And how much grace and nobility we can see on his face!

    AENEAS
    Against this filthy horde of Africans,
    Let us march, Trojans and Tyrians,
    Let us fly to victory together!
    Like grains of sand blown by the wind,
    Let us drive into these fiery deserts
    The wild Numidian; let him tremble.

    AENEAS, PANTHUS, NARBAL, IOPAS
    ASCANIUS, DIDO, ANNA, TROJANS
    It is the god Mars who has gathered you/us together, It’s the son of Venus who leads you/us into the fray!
    Wipe out/let us wipe out the black army,
    And tomorrow may public report
    Proclaim in distant lands the shame and the death of Iarbas!
    (Towards the end of this scene, they bring Aeneas his arms. He quickly puts on his helmet, passes his arm through his massive shield and seizes his javelins.)

    AENEAS
    (To Panthus.)
    Announce to our Trojans the new venture
    Where glory beckons.

    (Exit Panthus.)

    Queen, soon from the odious barbarian
    You will be free. To your generous care
    I relinquish my son.

    DIDO
    For him be assured
    Of a mother’s love.

    AENEAS
    (To Ascanius)
    Come and embrace your father.

    (He embraces him, covering him entirely
    with his arms. Ascanius weeps silently.)

    Others will teach you, child, the art of being happy;
    As for me, I will but teach you a warrior’s virtue
    And respect for the gods;
    But venerate in your heart and keep in your memory
    The glorious examples of Hector and Aeneas.

    (The people of Carthage pour in from all sides demanding arms. Only some men are properly armed, the others hold sickles, axes, slings.
    Enter Panthus. Ascanius suddenly dries his tears and runs to the sides of the Trojan chieftains.)

    ALL
    Arms! We need arms!
    Against this filthy horde of Africans,
    Let us march, Trojans and Tyrians, etc.


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