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Thread: L'amour de loin

          
   
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  1. #16
    Schigolch
    Guest
    Saariaho tiene una actitud muy abierta respecto a la puesta en escena de su obra.

    Las funciones del estreno, planificadas con Sellars, constituyen el ideal para la compositora. Pero, poco después de ese estreno, se escenificó la ópera en Berna. Aunque Saariaho siempre ha mantenido que hay muy poca acción en L'Amour de loin, que todo lo importante ocurre en el interior de los personajes, la puesta suiza enfatizaba el mínimo componente dramático tradicional, y hacía una presentación casi Romántica de la obra, ambientada en una especie de Biblioteca de Babel. La despedida final de Clémence, en lugar de una obra maestra de la indefinición, con esos rezos que pueden ser a Dios, o a su amor muerto, se escenificó como una especie de escena de la locura, a lo Lucia di Lammermoor.

    Preguntada al respecto, Saariaho, que asistió a una de las funciones en Berna, contestó que, desde luego, su visión era distinta, y en la línea de Sellars, pero que prefería que cada puesta en escena de la ópera se hiciera con una visión propia, que ella no trataría de mediatizar.

    En lo único que insiste la compositora es que no haya una sensación de discontinuidad. La ópera debe representarse entera, sin ningún tipo de interrupción, en la concepción de Saariaho.

  2. #17
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    Hermosísima la descripción imaginaria que hace Jaufré de su amada: "Sus cabellos son tan negros y sedosos que no se pueden ver en la noche, se les escucha solamente como un murmullo de hojas..." Maravilloso.

    ¿Habrá audiciones de la ópera?

  3. #18
    Schigolch
    Guest
    Muy limitadas, lo que se puede escuchar en youtube.





    Cuando Kaija Saariaho recibió en 1989 dos encargos casi simultáneos para escribir piezas para una orquesta sinfónica, algo que no había intentado antes, decidió de alguna manera unir ambos, y compuso Du cristal y ... a la fumée , haciendo que el último sonido del primero, un violonchelo tocado sul ponticello, fuera el primero del segundo.

    La primera pieza, la más interesante en mi opinión, está escrita para una orquesta estándar, con la percusión reforzada, y sintetizador. La intención de la compositora era "descubrir el mejor sistema para organizar mi material musical", y va moviendo masas sonoras entre una textura orquestal tenue, con continuos detalles tímbricos que van apareciendo y ocultándose.

    Escuchamos la obra en youtube:




    ...a la fumée, incluye además de la orquesta, como elementos solistas la flauta y el violonchelo, junto a un componente electrónico. Los duelos entre la flauta y el violonchelo, amplificados electronicamente y superpuestos a una textura orquestal que ya nos debe sonar familiar, son lo más interesante de esta composición:


  4. #19
    Schigolch
    Guest



    Vamos con el Acto II, que transcurre en Trípoli.

    Empezamos con el libreto:

    Francés

    Un jardin dans l'enceinte de la Citadelle ou réside les comtes de TRIPOLI.

    Clémence est sur un promontoire. Elle cherche à discerner quelque chose, au loin, du côté de la mer, et lorsque le Pèlerin passe non loin de là, elle l'interpelle
    .

    Clémence

    Homme de bien, dites-mois!

    Le Pèlerin

    Est-ce moi que vous appelez, Comtesse?

    Clémence

    Ce bateau qui a accosté tout à l'heure, Sauriez-vous d'ou il vient?

    Le Pèlerin

    J'étais sur ce bateau, noble dame Et je venais justement à la Citadelle Souhaiter longue vie au comte votre frère, Et aussi à vous-même. Nous avions embarqué à Marseille.

    Clémence

    Et avant Marseille, Pèlerin D'ou étiez-vous parti?

    Le Pèlerin

    De Blaye, Aquitaine, un petit bourg Vous ne devez pas le connaitre...

    Clémence

    Votre pays a-t-il mérité Que vous l'abandonniez ainsi? Vous a-t-il affamé? Vous a-t-il humilié? Vous a-t-il chassé?

    Le Pèlerin

    Rien de tout cela Comtesse. J'y ai laissé les êtres les plus chers Mais il fallait que je parte outremer Que j'aille contempler de mes yeux Ce que l'Orient renferme de plus étrange, Constantinople, Babylone, Antioche, Les océans de sable, Les rivières de braise, Les arbres qui pleurent des larmes d'encens, Les lions dans les montagnes d'Anatolie Et les demeurs des Titans (un temps) Et il fallait surtout surtout Que je connaisse la Terre Sainte.

    Clémence

    Tant de gens qui rêvent de venir en Orient, Et mois qui rêve d'en partir. A l'âge de cinq ans j'ai quitté Toulouse, Et depuis, rien ne m'a consolée. Chaque bateau qui s'éloigne me donne le sentiment d'avoir été abandonnée.

    Le Pèlerin

    Tripoli est à vous, pourtant, ele appartient à votre noble famille. Et ce pays est maintenant le vôtre. C'est ici que sont enterrés vos parents.

    Clémence

    Ce pays est à moi? Peut-être. Mais moi, je ne suis pas à lui. J'ai les pieds dans les herbes d'ici, mais toutes mes pensées gambadent dans les herbes lointaines. Nous rêvons d'outremer l'un et l'autre, mais votre outremer est ici, Pèlerin, et le mien est là-bas. Mon outremer à moi est du côté de Toulouse ou résonnent toujours les appels de ma mère et mes rires d'enfant. Je me souviens encore d'avoir couru pieds nus dans un chemin de pierre à la poursuite d'un chat. Le chat était jeune, il est peut-être encore en vie, et se souvient de moi. Non, il doit être mort, ou bien il m'a oubliée comme m'a oubliée les pierres du chemin. Je me souviens encore de mon enfance mais rien dans le monde de mon enfance ne se souvient de moi. Le pays ou je suis née respire encore en moi, mais pour lui je suis morte.Que je serais heureuse si un seul muret, si un seul arbre, se rappelait de moi.

    Le Pèlerin

    Un homme pense à vous.

    Clémence

    Qu'avez-vous dit?

    Le Pèlerin

    Un homme pense à vous quelquefois.

    Clémence

    Quel homme ?

    Le Pèlerin

    Un troubadour.

    Clémence

    Un troubadour? Quel est son nom?

    Le Pèlerin

    On l'appelle Jaufré Rudel. Il est également prince de Blaye.

    Clémence

    Jaufré.. Rudel... Il m'aurait sans doute aperçue jadis lorsque j'étais enfant..

    Le Pèlerin

    Non, il ne vous a jamais vue.. parait-il.

    Clémence

    Mais alors comment pourrait-il me connaitre?

    Le Pèlerin

    Un voyageur lui a dit un jour que vous étiez Belle sans l'arrogance de la beauté, Noble sans l'arrogance de la noblesse, Pieuse sans l'arrogance de la piété. Depuis, il pense à vous sans cesse.. parait-il.

    Clémence

    Et il parle de mois dans ses chansons?

    Le Pèlerin

    Il ne chante plus acune autre dame.

    Clémence

    Et il.. il mentionne mon nom, dans ses chansons?

    Le Pèlerin

    Non, mais ceux qui l'écoutent savent qu'il parle de vous.

    Clémence

    De mois? Mais de qel droit parle-t-il de moi?

    Le Pèlerin

    C'est à vous que Dieu a donné la beauté, Comtesse, Mais pour les yeux des autres.

    Clémence

    Et que dit ce troubadour?

    Le Pèlerin

    Ce que disent tous les poètes, que vous êtes belle et qu'il vous aime.

    Clémence

    Mais de quel droit, Seigneur, de quel droit?

    Le Pèlerin

    Rien ne vous oblige à l'aimer, Comtesse, Mais vous ne pouvez empêcher qu'il vous aime de loin. Il dit d'ailleurs dans ses chansons Que vous êtes l'étoile lointaine, Et qu'il languit de vous sans espoir de retour.

    Clémence

    Et que dit-il d'autre?

    Le Pèlerin

    Je n'ai pas bonne mémoire.. Il y a cependant Une chanson qui dit à peu près ceci: "Jamais d'amour je ne jouirai Si je ne jouis de cet amour de loin Car plus noble et meilleure je ne connais En aucun lieu ni près ni loin Sa valeur est si grande et si vraie Que là-bas, au royaume des Sarrasins Pour elle, je voudrais être captif."

    Clémence

    Ah Seigneur, et c'est moi qui l'inspire

    Le Pèlerin

    Je tiens Notre Seigneur pour vrai Par qui je verrai l'amour de loin Mais pour un bien qui m'en échoit J'ai deux maux, car elle est si loin Ah que je voudrais être là-bas en pèlerin Afin que mon bâton et mon esclavine Soient contemplés par ses yeux si beaux.

    Clémence

    Vous rappelez-vous d'autres vers encore?

    Le Pèlerin

    Il dit vrai celui qui me dit avide Et désirant l'amour de loin Car aucune joie ne me plairat autant Que de jouir de cet amour de loin Mais ce que je veux m'est dénié Ainsi m'a doté mon parrain Que j'aime et ne suis pas aim... Et il dit bien d'autres choses encore dont je ne me souviens plus...

    Clémence

    Si vous voyez un jour cet homme, dites-lui.. dites-lui...

    Le Pèlerin

    Que devrai-je lui dire?

    Clémence

    Non, rien, ne lui dites rien.




    Español

    Un jardin en el corazón de la Ciudadela, donde viven los condes de Tripoli

    Clémence esta sobre un promontorio. Busca algo a lo lejos, hacia el mar y cuando el Peregrino pasa junto a ella, le llama


    Clémence

    Buen hombre, contadme

    El Peregrino

    ¿Me llamáis, Condesa?

    Clémence

    El barco que acaba de tocar tierra, ¿sabéis de donde viene?

    El Peregrino

    Iba a bordo de ese barco, noble dama. Y vengo a la Ciudadela a desear a vuestro hermano, el Conde, una larga vida. También a vos. Embarcamos en Marsella.

    Clémence

    Y antes de Marsella, Peregrino, ¿de donde partisteis?

    El Peregrino

    De Blaye, en Aquitania, una pequeña ciudad que seguramente no conocéis

    Clémence

    ¿Merece vuestra tierra que la abondonéis así?. ¿Os mata de hambre?, ¿Os humilla?, ¿Os persigue?

    El Peregrino

    Nada de eso, Condesa. Detrás quedaron mis seres más queridos. Pero debía cruzar el mar para ver con mis ojos las extrañas vistas que encierra Oriente, Constantinopla, Babilonia, Antioquía, los oceanos de arena, los ríos de ceniza, los árboles que lloran lágrimas de incienso, los leones en las montañas de Anatolia y las moradas de los Titanes... Y, sobre todo, sobre todas las cosas, debía contemplar Tierra Santa.

    Clémence

    Tantas personas sueñan con venir a Oriente. Y yo sueño con abandonarlo. A la edad de cinco años dejé Tolosa y, desde entonces, nada me consuela. Cada barco que se aleja me hace sentir abandonada.

    El Peregrino

    Tripoli es vuestro, sin embargo, pertenece a vuestra noble familia. Y este país es ahora el vuestro. Aquí están enterrados vuestros padres

    Clémence

    ¿Esta país es mio?. Tal vez, pero no pertenezco a este lugar. Mis pies pisan su hierba pero mis pensamientos brincan sobre hierbas lejanas. Ambos soñamos con cruzar el mar, pero vuestra ultramar esta aquí, Peregrino, y la mía, allá. Mi ultramar se encuentra junta a Tolosa donde resuenan la voz de mi madre y mis risas de niña.Recuerdo como corría descalza sobre un camino de piedra detrás de un gato. Era un cachorro, tal vez todavía viva y se acuerde de mí. No, debe estar muerto, o me ha olvidado, como me han olvidado las piedras del camino. Aún recuerdo mi infancia, pero el mundo de mii infancia no se acuerda de mí. Mi país nativo todavía respira en mí, pero estoy muerta para él. Que feliz sería si un solo muro, un solo árbol, me recordara.

    El Peregrino

    Un hombre piensa en vos.

    Clémence

    ¿Que decís?

    El Peregrino

    Un hombre piensa a veces en vos

    Clémence

    ¿Qué hombre?

    El Peregrino

    Un trovador

    Clémence

    ¿Un trovador?, ¿cómo se llama?

    El Peregrino

    Se llama Jaufré Rudel, y es el príncipe de Blaye

    Clémence

    Jaufré. Rudel. Sin duda me vió entonces, cuando era una niña...

    El Peregrino

    No, parece que jamás os ha visto

    Clémence

    Entonces, ¿cómo puede conocerme?

    El Peregrino

    Un viajero le dijo un día que eráis bella sin la arrogancia de la belleza, noble sin la arrogancia de la nobleza, piadosa sin la arrogancia de la piedad. Desde entonces, piensa en vos sin cesar, según parece...

    Clémence

    ¿Habla de mí en sus canciones?

    El Peregrino

    No canta ya de ninguna otra dama

    Clémence

    Entonces, ¿menciona mi nombre en sus canciones?

    El Peregrino

    No, pero los que le escuchan saben que habla de vos

    Clémence

    ¿De mi?, ¿Con que derecho habla de mí?

    El Peregrino

    A vos os ha regalado Dios la belleza, Condesa, pero para los ojos de otros....

    Clémence

    ¿Y qué dice ese trovador?

    El Peregrino

    Lo que dicen todos los poetas, que sois bella y que os ama

    Clémence

    Pero, ¿con qué derecho, Señor, con qué derecho?

    El Peregrino

    Nada os obliga a amarlo, Condesa, pero no podéis impedir que os ame en la distancia. En verdad, dice en sus canciones que sois una estrella lejana, y que languidece por vos sin esperanza que le correspondáis

    Clémence

    ¿Y qué más dice?

    El Peregrino

    No tengo buena memoria... Sin embargo hay una canción que dice algo como: "Nunca gozaré del amor, si no gozo de este amor lejano, pues no conozco uno más noble ni mejor, en ningún lugar ni cercano ni lejano, su valor es tan grande y verdadero que allí, en el reino de los sarracenos, por ella, quisiera estar cautivo".

    Clémence

    Ah, Señor, yo soy quien le inspira

    El Peregrino

    Que Nuestro Señor sea testigo que veré a mi amor lejano, pero este bien que ma ha caído en suerte, dobla mi desgracia, pues ella está tan lejos. Ah, ojalá estuviera allí, como un peregrino, para que mi bastón y mi esclavina sean contemplados por unos ojos tan bellos

    Clémence

    ¿Recordáis otros versos?

    El Peregrino

    Dice verdad quien me llama ávido, y deseando el amor lejano. Pues ninguna alegría me complacería tanto como gozar del amor lejano. Pero lo que deseo se me niega, así me dotó mi padrino, que amé y no sea amado.... Y dice también otras cosas que no recuerdo.

    Clémence

    Si veís a este hombre un día, decidle, decidle...

    El Peregrino

    ¿qué debo decirle?

    Clémence

    No, nada, no le digáis nada




    El segundo acto empieza con una breve introducción orquestal con el apoyo del coro, donde lo más destacado es la intervención de los clarinetes, en cinco fases y con líneas similares, pero opuestas, que van coloreando la pieza.

    Mientras la orquesta toca el acorde del Perégrino, empieza la conversación entre éste y Clémence. En las intervenciones de la Condesa se escuchan los violines y el arpa que irán asociados al personaje. Tras preguntar Clémence sobre las razones por las que el Peregrino ha abandonado su tierra, comienza un bello dueto, un pasaje de gran lirismo, donde el Peregrino comienza una larga línea descendente punteada por las intervenciones de Clémence. Cuando la Condesa canta sobre Toulouse, su ciudad natal, escuchamos de nuevo los violines y grabaciones electrónicas de suspiros y campanas. El Peregrino menciona la existencia de Jaufré, y escuchamos su acorde, Clémence se indigna junto a la orquesta, en un tutti que suena agresivo, casi violento.

    Cuando Clémence le pide al Peregrino que le cuente las palabras que usa Jaufré para referirse a ella, Saariaho usa una de las chansons de Rudel, Lanqan li jorn son lonc en mai, en francés, en lugar del occitano original. El Peregrino canta tres estrofas, separadas por interjecciones de Clémence. La melodía es modal, pero notemos como la orquestación y la armonía son más complejas conforme avanza la chanson. La parte electrónica, con sonidos de viento, susurros, el mar.... añade un componente medieval, un ambiente casi de catedral. Por otro lado, el Peregrino es incapaz de transmitir correctamente los versos de Jaufré: los canta en francés (en el Acto IV, escucharemos a Clémence cantarlos en occitano), dando la impresión que sólo el trovador y la Condesa comparten el verdadero secreto de su amor. El acto termina con Clémence preguntándose si será digna de inspirar tal devoción, de nuevo con el arpa al fondo.

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  6. #20
    Schigolch
    Guest


    ¿Cuál es el papel de la electrónica en una ópera como L'amour de loin?

    Recordemos que Saariaho lleva trabajando con música electrónica desde su ingreso en el IRCAM (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique), en París, el año 1982. Allí se han ido desarrollando varios programas para el tratamiento del sonido, que son los empleados por la compositora en todas sus obras, incluyendo la ópera.

    Saariaho utiliza principalmente dos técnicas "espectralistas" en sus composiciones: la transformación gradual de los elementos musicales, y el análisis del sonido, produciendo la armonía a través del timbre.

    Para crear sonidos electrónicos (algo que en el mundo de la música popular es el pan nuestro de cada día, pero que en la música clásica todavía se ve por algunos sectores como una especie de técnica vanguardista), versión Saariaho, es necesario dar una serie de pasos:

    • 1.- Tomar muestras (sampling) de los distintos elementos que se quiere introducir. En el caso de la ópera: voz humana, agua, viento, pájaros...

      2.- Análisis de muestras de sonido instrumental a través de modelos de resonancia.

      3.- Crear mediante programa (en el caso de Saariaho, OM) filtros de resonancia del sonido instrumental, basados en estructuras armónicas.

      4.- Mezclar las muestras del punto 1 y los filtros del punto 3

      5.- Colocar las distintas fuentes de sonido en el espacio acústico en que se desarrolle la ópera. Es decir, decidir los puntos donde se colocarán los altavoces, y los sonidos que saldrán por cada uno de ellos.


    Tal vez convenga matizar el concepto de "Resonancia". Se trata simplemente de analizar las frecuencias, amplitudes y anchos de banda que componen un sonido instrumental, y que producen el timbre característico de ese instrumento. Las "resonancias" son los componentes que el compositor juzga más importantes para ese sonido en concreto, mediante el proceso de filtro. Es un concepto parecido a los armónicos. Después, se trata de sustituir una o varias de esas "resonancias" con las muestras de voz, o cualquier otro tipo de material sonoro.

    Así, por ejemplo, Saariaho utiliza los acordes asociados con los personajes principales, que hemos ido comentando, como fuente instrumental para crear los sonidos electrónicos que acompañan a su aparición en las distintas escenas de la ópera.



    Jaufré



    Peregrino



    Clémence


  7. #21
    Schigolch
    Guest
    Compuesto en 1991, el ballet Maa es la primera obra escénica de Saariaho. La compositora quería basar Maa en el número siete: "Se divide de forma interesante y desigual en tres y cuatro". Así, creó siete partes, cada una de las cuales se divide en siete secciones, que organizan de siete maneras diferentes.


  8. #22
    Schigolch
    Guest




    Tras L'Amour de loin, Saariaho recibió el encargo de la Opera de París para un estreno mundial, de nuevo con Maalouf de libretista y Sellars como responsable de la producción. En Abril del 2006 tuvo lugar la 'prémière' mundial de Adriana Mater. Una reflexión sobre la maternidad, el amor, el perdón, el odio… el libreto no carece de buenas intenciones, pero no llega en ningun momento a alcanzar la calidad de la primera obra. Saariaho mantiene su propuesta musical para la ocasión, pero tampoco consigue remontar el vuelo hasta las alturas de su anterior creación. No obstante, Adriana Mater no es una mala ópera, ni siquiera una ópera mediocre. Por ejemplo, la escena del encuentro entre el Padre violador y el hijo resultado de esa violación es realmente interesante.






    La Passion de Simone es un oratorio basado en la vida de la escritora francesa Simone Weil, escrito también por Amin Maalouf. Está escrito para soprano, coro, orquesta y electrónica. Aunque el material sonoro se encuadra dentro de lo que a estas alturas podemos llamar 'estilo Saariaho', la voz se explora en esta ocasión en sus registros extremos. En un guiño a una de las convenciones más antiguas de la ópera, las escenas que transcurren en la vida real se cantan silábicamente, sin adornos, spianato, mientras que los sueños de la protagonista utilizan el canto melismático.




    Émilie es la última colaboración entre Saariaho y Maalouf. Estrenada en 2010 con Karita Mattila en el rol de la Marquesa Émilie du Châtelet. Tal vez lo mejor de Saariaho desde L'amour de loin.


  9. #23
    Schigolch
    Guest

    Este es el libreto del Tercer Acto:

    Francés


    Au château de Blaye

    Jaufré

    Pèlerin, Pèlerin, dis-moi avant toute chose, l'as-tu vue?

    Le Pèlerin

    Oi, mon bon prince, je l'ai vue.

    Jaufré

    Ah, tu as plus de chance que moi, je suis jaloux de tes yeux, et maintenant que je t'en parle, tu la revois encore, avoue-le.

    Le Pèlerin

    Oui, quand tu me parles d'elle, je la revois.

    Jaufré

    Alors dis-moi comment est-elle?

    Le Pèlerin

    Elle est comme je te l'ai décrite vingt fois déjà, si ce n'est cinquante. Jaufré, peut-être.. peut-être devrais-tu y penser un peu moins.

    Jaufré

    Moins?

    Le Pèlerin

    Oui, moins! Tu devrais songer un peu moins à cette dame lointaine, et prêter plus d'attention à yton fief, et aux bonnes gens qui t'entourent. Tu ne sors plus de ton château, tu ne parles plus qu'à ton luth. Tout le monde au pays te croit fou.

    Jaufré

    Et toi aussi, mon ami, tu le crois?

    Le Pèlerin

    Quand on dit à un homme "tu es fou", c'est qu'on ne le pense pas. Quand on pense qu'il l'est, on se contente de le plaindre en cachette.

    Jaufré

    Pourtant je suis bien fou, Pèlerin, par Notre Seigneur je suis fou. Depuis que tu m'as parlé d'elle plus rien d'autre n'occupe mon esprit. La nuit, dans mon sommeil, apparait ce visage si doux ax yeux de mer qui me sourit et je me dis que c'est elle, alors que je ne l'ai jamais vue. Puis, au matin, je me lamente dans mon lit de ne pas avoir su la caresser, ni la retenir. N'est-ce pas cela, la folie, Pèlerin? Et dire qu'elle, là-bas, au loin, ne se doute de rien!

    Le Pèlerin

    Jaufré, elle sait.

    Jaufré

    Que dis-tu, Pèlerin?

    Le Pèlerin

    J'ai dit: elle sait.

    Jaufré

    Elle sait quoi?

    Le Pèlerin

    Elle sait tout ce qu'elle devait savoir. Que tu es poète et que tu chantes sa beauté.

    Jaufré

    Comment l'a-t-elle appris?

    Le Pèlerin

    Elle m'a interrogé, et e lui ai répondu.

    Jaufré

    Pourquoi? Pourquoi m'as-tu fait cela?

    Le Pèlerin

    Je ne voulais lui mentir. Du moment que tout le monde connait le nom de celle que tu chantes, de qel droit le lui cacher à elle?

    Jaufré

    Elle sait!

    Le Pèlerin

    Si tu l'ames, tu lui dois la vérité. J'ai fait ce que tu aurais fais à place...

    Jaufré

    Elle sait!

    Le Pèlerin

    Elle l'aurait appris tôt ou tard, et par une bouche malveillante!

    Jaufré

    Que sait-elle au juste? Lui as-tu dit mon nom?

    Le Pèlerin

    Oui, elle sait maintenant ton nom, et que tu es prince et troubadour.

    Jaufré

    Lui as-tu dit que je l'aimais?

    Le Pèlerin

    Comment aurais-je pu ne pas le lui dire?

    Jaufré

    Malheureux! Et comment a-t-elle pris la chose?

    Le Pèlerin

    A début, elle me parut offensée.

    Jaufré

    Offensée?

    Le Pèlerin

    Ce n'était qu'une première réaction, la pudeur d'une noble dame qu'un homme chante à mon insu. Mais aussitôt après, elle se montra résignée.

    Jaufré

    Résignée?

    Le Pèlerin

    Je veux dire qu'elle finit par comprendre que ton attitude était celle d'un homme d'honneur, languissant mais respectueux. Je crois même qu'elle en fut flattée...

    Jaufré

    Flattée? Elle qui est tout en haut, au-dessus des cimes, flattée? Offensée, résignée, flattée, que de paroles malencontreuses s'agissant d'elle! Ah, Pèlerin, Pèlerin, jamais tu n'aurais du me trahir!

    Lui tu-as récité mes poèmes?

    Le Pèlerin

    Je n'ai pas si bonne mémoire, je lui ai chantonné à peu près...

    Jaufré

    A peu près! Que veux-tu dire par "à peu près"? Je passe mes journées et mes nuits à composer mes chansons, chaque note et chaque rime doivent passer l'épreuve du feu, je me déshabille et me rehabille vingt fois, trente fois, avant de trouver le mot juste qui de toute éternité était là, suspendu dans le ciel, à attendre sa place. Et toi, tu les a récité "à peu près"? Tu les a "chantonnés à peu près"? Malheureux! Malheureux! Comment peux-tu me trahir ainsi et le prétendre ensuite mon ami?

    Le Pèlerin

    Peut-être ferais-je mieux de m'en aller.

    Jaufré

    Non, attends, pardonne-moi! Tout ce qui arrive m'a secoué les sangs. Pardonne-moi, mon ami, je ne te laiserai pas partir fâché. S'il est un homme en ce bas-monde qui a des droits sur moi, c'est toi seul, Pèlerin, mon ami, qui le premier m'a parlé d'elle. Mais ce que tu dis me bouleverse, parce que je ne pourrai plus penser à elle sans penser qu'elle aussi me regarde de loin. Il m'était doux de la contempler à loisir sans qu'elle ne me voie. Il m'était facile de composer mes chansons, puisqu'elle ne les entendait pas. A présent, à présent.. A présent il faudra qu'elle les entendre de ma bouche Oui, de ma bouche et de nulle autre. Si elle rosit en écoutant ma chanson, je veux la voir rosir Si elle tressaillit, je veux la voir tressaillir Si elle soupire, je veux l'entendre soupirer Elle n'est plus aussi lointaine maintenant, et tu peux... tu peux même me chuchoter son nom.

    Le Pèlerin

    Clémence, elle se prénomme Clémence.

    Jaufré

    Clémence, Clémence, comme le Ciel est clément! Clémence, la mer clémente va se refermer devant moi, pour que je puisse la franchir à pied sec jusqu'au pays ou tu respires.

    A Tripoli, sur la plage

    Clémence se promène. Elle tourne le dos à la Citadelle, et le visage vers la mer. Des femmes tripolitaines la suivent à distance. Elle reprend et poursuit la chanson de Jaufré.

    Clémence

    "Ben tenc la Seignor per verai Per q'ieu veirai l'amor de loing; Mas per un ben que m'en eschai, N'ai dos mals, car tant m'es de loing... Ai! car me fos lai peleris Si que mos fustz e mos tapis Fos pelz sieus bels huoills remiratz!" "Ver ditz qui m'appela lechai Ni desiran d'amor de loing, Car nuills autre jois tant no'm plai Cum jauzimens d'amor de loing; Mas so q'eu vuoill 'es tant ahis Q'enaissi'm fadet mos pairis Q'ieu ames e non fos amatz!"

    Le Choeur des Tripolitaines

    Voilà qu'elle se laisse prendre aux filets de ce troubadour Elle chante ses chansons, elle se sent flattée Mais quel fruit peut porter l'amour de loin? Ni bonne compagnie, ni douce étreinte, Ni noces, ni terres, ni enfants, Quel fruit peut donc porter l'amour de loin? Il va seulement éloigner d'elle ceux qui cnvoitent sa main Le prince d'Antioche et l'ancien comte d'Edesse Et même dit-on, dit-on, le fils du basileus...

    Une Voix Dans La Foule

    Vous toutes qui la blâmez Que vous ont apporté vos hommes si proches? Princes ou serviteurs ils font de vous leurs servantes Quand ils sont près de vous, vous souffrez et quand ils s'en vont vous souffrez encore..

    Clémence

    Tu as dit vrai, ma fille, mon amie, Bénie sois-tu! Bénie sois-tu!

    Le Choeur des Tripolitaines

    Parce que vous, Comtesse, vous ne souffrez pas? Vous ne souffrez pas d'être si loin de celui qui vous aime? De ne pas deviner dans son regard s'il vous désire encore? Vous ne souffrez pas de ne même pas savoir à quoi ressemble son regard? Vous ne souffrez pas de ne jamais pouvoir fermer les yeux en sentant ses bras qui vous enveloppent et vous sttirent contre sa poitrine? Vous ne souffrez pas de ne jamais jamais sentir son souffle sur votre peau?

    Clémence

    Non, par Notre Seigneur, je ne souffre pas Peut-être qu'un jour je souffrirai mais par la grâce de Dieu, non, je ne souffre pas encore Ses chansons sons plus des caresses, et je ne sais si j'aimerais l'homme comme j'aime le poète Je ne sais si j'aimerai sa voix autant que j'aime sa musique Non, par Notre Seigneur, je ne souffre pas Sans doute je souffrirais si j'attendais cet homme et qu'il venait pas Mais je ne l'attends pas De savoir que là-bas, au pays, un homme pense à moi, Je me sens soudain proche des terres de mon enfance. Je suis l'outremer du poète est mon outremer Entre nos deux rives voyagent les mots tendres Entre nots deux vies voyage une musique... Non, par Notre Seigneur, je ne souffre pas Non, par Notre Seigneur, je ne l'attends pas Je ne l'attends pas...






    Castellano


    En el castillo de Blaye

    Jaufré

    Peregrino, Peregrino, antes de nada, ¿la has visto?

    Peregrino

    Si, mi buen príncipe, la he visto

    Jaufré

    Eres más afortunado que yo, tengo celos de tus ojos, y ahora mientras te habló, la sigues viendo, reconócelo

    Peregrino

    Si, cuando me hablas de ella, la veo de nuevo

    Jaufré

    Entonces, ¿cómo es ella?

    Peregrino

    Como te la he descrito ya veinte veces, o tal vez cincuenta. Jaufré, tal vez deberías pensar algo menos en ella

    Jaufré

    ¿Menos?

    Peregrino

    Sí, menos. Deberías soñar un poco menos en esta dama lejana, y prestar más atención a tu feudo, y a las buenas gentes que lo habitan. Ya no sales de tu castillo, no hablas más que con tu laúd. Todos te creen loco.

    Jaufré

    Y tú, amigo, ¿tambiés me crees loco?

    Peregrino

    Cuando se dice a un hombre: "estás loco", es que no cree que lo esté. Cuando se piensa que es un loco, basta con compadecerle a sus espaldas

    Jaufré

    Sin embargo, estoy loco, Peregrino, juro por Nuestro Señor que estoy loco. Desde que me hablaste de ella, nada más ocupa mis pensamientos. En la noche, mientras duermo, aparece su dulce rostro con sus ojos verdes como el mar que me sonríen, y entonces me digo que es ella, aunque nunca la he visto. Después, por la mañana, me lamento en mi lecho por no haber podido acariciarla, ni retenerla. ¿No es esto la locura, Peregrino?. Y pensar que ella, allí, a lo lejos, no sabe nada.

    Peregrino

    Jaufré, lo sabe

    Jaufré

    ¿Qué dices, Peregrino?

    Peregrino

    He dicho que lo sabe

    Jaufré

    ¿Sabe qué?

    Peregrino

    Sabe todo lo que debe saber. Que eres un poeta y cantas su belleza

    Jaufré

    ¿Cómo se enteró?

    Peregrino

    Me preguntó, y la respondí

    Jaufré

    ¿Por qué?, ¿Por qué me has hecho esto?

    Peregrino

    No quería mentirla. Si todo el mundo conoce el nombre que cantas, ¿con que derecho ocultárselo a ella?

    Jaufré

    Lo sabe

    Peregrino

    Si la amas, debes decirle la verdad. Hice lo que tú habrías hecho-

    Jaufré

    Lo sabe

    Peregrino

    Lo habría sabido tarde o temprano, y por una lengua maliciosa

    Jaufré

    ¿Qué sabe exactamente?. ¿Le dijiste mi nombre?

    Peregrino

    Si, sabe ahora tu nombre, y que eres príncipe y trovador

    Jaufré

    ¿Le dijiste que la amo?

    Peregrino

    ¿Cómo ocultarselo?

    Jaufré

    Desgraciado. ¿Cómo reaccionó?

    Peregrino

    Al principio, parecía ofendida

    Jaufré

    ¿Ofendida?

    Peregrino

    Sólo fue la primera reacción, el pudor de una noble dama a quien celebran sin su conocimiento. Después, enseguida, se mostró resignada

    Jaufré

    ¿Resignada?

    Peregrino

    Quiero decir que ella acabo por entender que tu postura era la de un hombre honorable, anhelante pero respetuoso. Creo incluso que se sintió halagada...

    Jaufré

    ¿Halagada?, Allí en lo alto, por encima de las montañas, ¿halagada?. Ofendida, resignada, halagada, que palabras tan inapropiadas para ella. Ah, Peregrino, Peregrino, nunca debiste traicionarme

    ¿Le recitaste mis poemas?

    Peregrino

    No tengo buena memoria, canturrée un poco nada más

    Jaufré

    Un poco. ¿Qué significa un poco?. Paso mis días y mis noches componiendo mis canciones, cada nota y cada rima deben superar la prueba del fuego, me visto y desvisto veinte, treinta veces, antes de encontrar la palabra justa que estaba esperando desde el principio de los tiempos, suspendida en el cielo, para ocupar su lugar. Y tú, ¿las recitas "un poco"?. ¿Las cantas "un poco"?. Desgraciado. Desgraciado. ¿Cómo puedes traicionarme así, y decirte mi amigo?

    Peregrino

    Tal vez sea mejor que me vaya

    Jaufré

    No, espera, perdoname. Tus noticias me han trastornado. Perdoname, amigo mío, no dejaré que te vayas enfadado. Si hay un hombre en el mundo al que le deba algo, eres tú, Peregrino, amigo mío, que fuiste el primero en hablarme de ella. Pero todo lo que dices me aturde, no podré pensar ya en ella sin pensar que ella también me mira a lo lejos. Era tan dulce contemplarla en la distancia sin que me viera. Era tan fácil componer mis canciones, sin que ella las escuchara. Ahora, ahora.... Ahora es preciso que las escuche en mi boca. Sí, en mi boca y no en otra. Si se ruboriza al escuchar mi canción, quiero ver su rubor. Si se estremece, quiero verla estremecer. Si suspira, quiero oir como suspira. Ya no está distante y tú puedes... tú puedes incluso decirme su nombre.

    Peregrino

    Clémence, se llama Clémence

    Jaufré

    Clémence, Clémence, clemente como el Cielo. Clémence, la clemente mar me llevará a tí, para que pueda cruzar con mis pies secos hasta la tierra donde respiras.

    En la playa de Tripoli

    Clémence pasea. Da la espalda a la Ciudadela y mira de frente el mar. Algunas mujeres de la ciudad le siguen en la distancia. Canta la canción de Jaufré.


    Clémence

    Que Nuestro Señor sea testigo que veré a mi amor lejano, pero este bien que ma ha caído en suerte, dobla mi desgracia, pues ella está tan lejos. Ah, ojalá estuviera allí, como un peregrino, para que mi bastón y mi esclavina sean contemplados por unos ojos tan bellos. Dice verdad quien me llama ávido, y deseando el amor lejano. Pues ninguna alegría me complacería tanto como gozar del amor lejano. Pero lo que deseo se me niega, así me dotó mi padrino, que amé y no sea amado

    Coro de mujeres

    Como se ha dejado atrapar en las redes de ese trovador. Canta sus canciones, se siente halagada, pero ¿qué bien puede traer un amor lejano?. Ni buena compañía, ni dulces abrazos, ni matrimonio, ni tierras, ni hijos. ¿Qué bien puede traer un amor lejano?. Solamente la alejará de los que pretenden su mano, el Príncipe de Antioquía y el viejo Conde de Edesa. Incluso, dice el rumor, el hijo del Emperador.

    Una voz entre la muchedumbre

    Vosotros que la culpáis, ¿qué os dan vuestros hombres tan cercanos?. Príncipes o siervos, os convierten en sus criadas. Cuando están cerca de vosotras, sufrís, y cuando se alejan, seguís sufriendo

    Clémence

    Es cierto, hija mía, amiga mía, bendita seas, bendita seas

    Coro de mujeres

    ¿No sufrís, Condesa?. ¿No sufrís por estar tan lejos de vuestro amado?, ¿Por no adivinar en su mirada si todavía os desea?, ¿No sufrís ni siquiera por no conocer su apariencia?, ¿No sufrís por no poder cerrar los ojos y sentir como sus brazos os rodean y os aprietan contra su pecho?. ¿No sufrís al no sentir nunca, nunca su aliento sobre vuestra piel?

    Clémence

    No, el Señor es testigo que no sufro. Tal vez un día sufriré, pero por la Gracia de Dios, aún no sufro. Sus canciones son más que sus caricias, y no sé si amaré al hombre como amo al poeta. No sé si amaré su voz como amo su música. No, el Señor es testigo que no sufro. Sin duda, sufriría si le esperara y no viniera. Pero no le espero. Sabiendo que allí, en la patria, un hombre piensa en mí, me hace sentir más cercana a la tierra de mi infancia. Soy el ultramar del poeta, y el poeta es mi ultramar. Entre nuestras dos costas viajan las tiernas palabras. Entre nuestras dos vidas navega la música... No, el Señor es testigo que no sufro, no le espero, no le espero....





    El Tercer Acto es tal vez el más flojo de toda la ópera.

    En el Primer Cuadro, una pequeña introducción instrumental donde escuchamos el acorde relacionado con el Peregrino, que en este acto ha vuelto a cruzar el mar para reunirse con Jaufré. El largo diálogo entre Rudel y el Peregrino, interrrumpido por monólogos del trovador, abunda en el modelo ya desarrollado en el primer acto. El objetivo de Saariaho es doble: contribuir a la sensación de tiempo detenido, y crear una atmósfera privada, íntima, entre el espectador y los personajes. El primer objetivo lo logra con creces, el segundo... dígamos que, a pesar de algunos momentos de gran lirismo por parte del Príncipe de Blaye no acaba de ser totalmente satisfactorio. La ausencia del Coro de Compañeros en la escena, hace que acaso sea en exceso monótona.

    El Segundo Cuadro, en Trípoli, comienza con unos breves acordes de atmosfera "orientalista" y presenta enseguida a Clémence cantando en occitano la chanson de Rudel, lo que contribuye al ambiente medieval y a la sensación de creciente unión entre los dos amantes. El Coro de Mujeres refuerza la sensación con un acompañamiento casi "aflamencado". Cada vez más líricas, en contraste con la orquesta, son las intervenciones de Clémence que trata de engañarse a sí misma sobre la naturaleza de su amor por el trovador de un país lejano. El Cuadro termina con susurros acompañados por la electrónica que producen una sensación ominosa, de una desgracia inminente.

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  11. #24
    Schigolch
    Guest
    Escuchemos "Lanquan li jorn", de Rudel, en una version de un grupo musical especialista en el periodo de los trovadores:

    Last edited by Schigolch; February 9th, 2013 at 07:13 PM.

  12. #25
    Schigolch
    Guest



    Libreto del Acto IV:


    Francés



    Sur le bateau qui porte Jaufré vers l'Orient.

    Le jour commence à tomber mais il ne fait pas encore sombre. La couleur de la mer tire sur l'indigo. Elle est calme


    Jaufré

    Me croiras-tu, Pèlerin, C'est la première fois que je pose les pieds sur l'eau. Je vis depuis toujours au voisinage de la mer Je vois les mariniers, les pèlerins, les marchands, partir et revenir ou ne plus revenir, J'ai chanté avec eux, j'ai écouté leurs histoires, Mais c'est la première fois que je pose les pieds sur l'eau.

    Le Pèlerin

    Pour moi, c'est la dixième traversée, ou la douzième Mais c'est chaque fois la première fois... Au commencement, chaque fois, le vertige, le corps plié, la bouche amère En ces instants-là je me promets de ne jamais jamais plus entreprendre la mer. Puis lentement je ressuscite Je me laisse envahir par l'immensité du ciel et par l'odeur des vagues, Mon esprit déjà sur l'autre rive...

    Jaufré

    Jamais auparavant je n'avais eu envie de m'embarquer. Mais au bout du voyage il y a maintenant Trípoli. Au bout du voyage il y a Clémence Il y a ma seconde naissance L'eau du baptême sera profonde et froide A bout du voyage commencera ma vie.

    Le Pèlerin

    D'ici là, tu devrais te reposer un peu.

    Jaufré

    Pèlerin, sais-tu pourqoui la mer est bleue?

    Le Pèlerin

    Parce qu'elle est le miroir du ciel.

    Jaufré

    Et le ciel, pourquoi est-il bleu?

    Le Pèlerin

    Parce qu'il est le miroir de la mer! Mais tu devrais t'étendre comme moi, Jaufré, La traversée sera longue...

    Jaufré

    Je l'ai vue, Pèlerin, je l'ai vue comme je te vois!

    Le Pèlerin

    Jaufré, tu ne me vois pas, et moi non plus je ne te vois pas Il fait nuit et tu as rêvé!

    Jaufré

    Elle était ici, et son corps et son visage et sa robe blanche illuminaient la nuit. Elle chantait une chanson que j'ai écrite pour elle.

    "Ton amour occupe mon esprit Dans la veille et dans la songe Mais c'est le songe que je préfère Car dans le songe tu m'appartiens!"

    "D'aquest amor suy cossiros Vellan e puyes somphan dormen, Quar lai ay joy meravelhos, Per qu'ieu la jau jauzitz jauzen...

    Jaufré

    Lorsque je l'ai regardée dans les yeux elle a souri et m'a fait signe de la suivre. Puis elle est partie, d'un pas de reine, sa robe trainant derrière elle, comme tu l'avais vue la première fois, à Trípoli, le dimanche de Pâques. Je l'ai suivie mais soudain je l'ai vue s'éloigner du bateau et marcher sur la mer comme Notre Seigneur, sans qu'elle ne s'enfonce. Elle s'est tournée alors vers moi, elle a ouvert les bras mais je n'ai pas osé m'avancer vers elle Je suis resté accroché au bastingage sans oser la rejoindre et je pleurais de honte pour ma couardise. Au réveil, j'avais les yeux pleins de larmes et elle avait disparu.

    Le Pèlerin

    Calme-toi, Jaufré, ce n'est qu'un rêve mensonger Tu n'es pas un lâche et tu as justement entrepris ce voyage pour aller rejoindre ta dame lointaine.

    Jaufré

    J'ai peur, Pèlerin, J'ai peur Tu es la voix de la raison mais la peur n'ecoute pas la voix de la raison J'ei peur de ne pas le retrouver et j'ai peur de la retrouver J'ai peur de disparaitre en mer avant d'avoir atteint Trípoli et j'ai peur d'atteindre Trípoli J'ai peur de mourir, Pèlerin, et j'ai peur de vivre, me comprends-tu?

    Je devrais être l'homme le plus heureux au monde, Et je suis le plus désespéré...

    Les Compagnons en Choeur

    On a connu des guerriers intrépides Qui se jetaient dans la mêlée et offraient leur corps Aux lames de l'ennemi Mais qui tremblaient en mer... On a connu un roi puissant Qui d'un regard faisait frémir comtes et chevaliers Qui, à la tête de ses troupes, Savait franchir les déserts, les montagnes, Mais qui tremblaient en mer.

    Jaufré

    Si nos compagnons savaient pourquoi je tremble Ils ne chanteraient pas ainsi. Ce n'est pas la mer qui m'effraie...

    Crois-tu qu'on lui a dit, Pèlerin? Crois-tu qu'on lui a dit que je venais à Tripoli? Crois-tu qu'on lui a dit que je m'étais croisé?

    Le Pèlerin

    Ces choses se savent, oui. J'ignore par quelle bouche, mais elles se savent, oui. Moi qui parcours les mers et les royaumes Chaque fois que j'apporte une nouvelle dans une ville Quelqu'un avant moi l'avait déjà apportée. Certains prétendent que les secrets des hommes Sont chuchotés à tout vent par les anges...

    Jaufré

    Je devrais être l'homme le plus heureux au monde, Et je suis le plus désespéré... Je devrais avoir hâte d'atteindre sa ville de Tripoli. Et je me surprends à supplier le Ciel qu'il n'y ait plus dans nos voiles le moindre souffle de vent. Si, à cet instant, un génie sortait des flots pour me dire "Ordonne, Jaufré, et ton voeu sera exaucé!", je ne saurais quoi souhaiter? Ai-je envie de voir devant moi la femme sans tache, et qu'elle me voie devant elle? Aurai-je envie de chanter l'amour de loin, quand mes yeux la contempleront de près et que je guetterai chacun de ses battements de paupière, chacun de ses plissements de lèvres, chacun de ses soupirs? Jamais je n'aurais dû m'embarquer pour cette traversée. De loin, le soleil est lumière du ciel mais de près il est feu de l'enfer! J'aurais dû me laisser bercer longtemps longtemps par sa clarté lointaine au lieu de venir me brûler! J'étais l'Adam et l'éloignement était mon paradis terrestre. Pourquoi fallait-il que je marche vers l'arbre? Pourquoi fallait-il que je tende la main vers le fruit? Pourquoi fallait-il que je m'approche de l'étoile incandescente?





    Castellano



    A bordo del barco que lleva a Jaufré al Oriente

    Al final del día, poco antes de las sombras de la noche. El mar se tiñe de añil. Está en calma


    Jaufré

    ¿Me creerás, Peregrino?. Es la primera vez que piso el agua. Siempre he vivido junto al mar, he visto marineros, peregrinos, mercaderes, partir y retornar, o no retornar. He cantado con ellos, he escuchado sus historias, pero es la primera vez que piso el agua.

    Peregrino

    Yo lo he cruzado diez veces, o doce. Pero cada vez es la primera vez. Al principio, cada vez, el vertigo, el cuerpo doblado, la boca amarga. En esos momentos, prometo no cruzar nunca nunca más el mar. Pero lentamente resucito. Me dejo invadir por la inmensidad del cielo y el olor de las olas. Mi espíritu se encuentra ya en la otra orilla

    Jaufré

    Nunca antes tuve el deseo de embarcar. Pero al final del viaje se encuentra ahora Trípoli. Al final del viaje están Clémence y mi segundo nacimiento. El agua del bautizo será profunda y fría. Al final del viaje comenzará mi vida.

    Peregrino

    Ahora debes reposar un poco

    Jaufré

    Peregrino, ¿sabes por qué el mar es azul?

    Peregrino

    Porque es el espejo del cielo

    Jaufré

    Y el cielo, ¿por qué es azul?

    Peregrino

    Por que es el espejo del mar. Pero deberías tumbarte como yo, Jaufré, la travesía será larga

    Jaufré

    La he visto, Peregrino, la he visto como te veo a tí.

    Peregrino

    Jaufré, no me ves, ni yo te veo a tí. Estamos en el corazón de la noche y has tenido un sueño.

    Jaufré

    Ella estaba aquí, y su rostro y su vestido blanco iliuminaban la noche. Cantaba una canción que he escrito para ella...

    "Tu amor llena mi espíritu, en la vigilía y en el sueño. Pero prefiero el sueño, pues en el sueño me perteneces"

    "Tu amor llena mi espíritu, en la vigilía y en el sueño. Pero prefiero el sueño, pues en el sueño me perteneces"

    Jaufré

    Cuando miré sus ojos, me sonrió y me hizo una seña para seguirla. Entonces se marchó, como una reina, su ropa flotando tras ella, como tú la viste por primera vez, en Trípoli, el domingo de Pascua. La seguí, pero de repente abandonó el barco y caminó sobre el mar como Nuestro Señor, sin hundirse. Se volvió hacia mí y abrió los brazos pero no me atrevía a acercarme a ella. Me quedé agarrado a la borda sin atreverme a reunirme con ella, por cobardía. Cuando desperté, mis ojos estaban llenos de lágrimas y ella había desaparecido.

    Peregrino

    Calma, Jaufré, no era más que un falso sueño. No eres ningún cobarde, y has emprendido este viaje precisamente para reunirte con tu dama lejana

    Jaufré

    Tengo miedo, Peregrino, tengo miedo. Eres la voz de la razón, pero el miedo no escucha la voz de la razón. Tengo miedo de encontrarla, y tengo miedo de no encontrarla. Tengo miedo de desaparecer en el mar sin llegar a Trípolo y tengo miedo de llegar a Trípoli. Tengo miedo de morir, Peregrino, y tengo miedo de vivir. ¿Me entiendes?

    Debería ser el hombre más feliz del mundo, y soy el más desesperado

    Coro de Compañeros

    Se sabe de intrépidos guerreros que se arrojan entre sus adversarios y ofrecen sus cuerpos a los cuchillos de sus enemigos, pero que tiemblan en el mar... Se sabe de un poderoso rey cuya mirada hacia temblar condes y caballeros, que, a la cabeza de sus ejércitos, sabía cruzar desiertos y montañas, pero que temblaba en el mar

    Jaufré

    Si nuestros compañeros supieran porque tiemblo, no cantarían así. No es el mar lo que me aterra....

    ¿Crees que se lo han dicho, Peregrino?. ¿Crees que le han dicho que llego a Trippli?. ¿Crees que le han dicho que soy un cruzado?

    Peregrino

    Estas cosas se saben, sí. Ignoro por que boca se saben, pero se saben. Yo que recorro los mares y los reinos, cada vez que llevo una novedad a una villa, alguna la ha llevado ya antes. Algunos creen que los secretos de los hombres son susurrados en el viento por los ángeles...

    Jaufré

    Debería ser el hombre más feliz del mundo. Y soy el más desesperado.... Debería apresurarme a llegar a su ciudad de Trípoli y me sorprendo suplicando al Cielo que no sople el más mínimo viento en nuestras velas. Si, en este instante, un genio saliera de las olas para decirme: "Ordena, Jaufré, y tu deseo será concedido", no sabría que desear. ¿Deseo ver ante mí la mujer sin tacha, y que ella me vea? ¿Deseará cantar el amor lejano cuando mis ojos la contemplen de cerca acechando cada movimiento de sus pestañas, cada uno de sus suspiros?. Nunca debería haberme embarcado en esta travesía. De lejos, el sol y la luz del cielo, pero de cerca el fuego del infierno. Debí dejarme abrazar para siempre, para siempre, por su claridad lejana en lugar de venir a quemarme. Era Adán y la lejanía era mi paraiso terrenal. ¿Por qué debo ir hacia el árbol?. ¿Por qué debo tender la mano hacia la fruta?. ¿Por qué debo acercarme a la estrella incandescente?.





    El Acto IV transcurre en el barco que lleva a Jaufré y el Peregrino hacía Tierra Santa. El Primer Cuadro (Mer Indigo) se inicia con una introducción orquestal de unos cinco minutos de duración, extraída de Outremer, obra anterior de Saariaho también comentada en el hilo. El enérgico acorde que domina la breve pieza, y que acaba disolviéndose en sí mismo, combinado con los sonidos electrónicos (entre ellos, el del propio mar), proporcionan una adecuada sensación de travesía marina, aunque tal vez se le vaya al compositor un poco la mano y, por momentos, más parezca que estamos en el Mar de los Sargazos que en el Mediterráneo. Un breve diálogo entre Jaufré y el Peregrino completa el Cuadro, que termina en un lírico comentario sobre la naturaleza del mar y el cielo.

    También el Segundo Cuadro (Songe), comienza con un pasaje orquestal, que representa el sueño donde se aparece a Rudel una visión de Clémence, que no acaba de ser sugerida por la música de Saariaho. Un agitado Rudel explica al Peregrino su sueño, tras el cuál no volverá a ser el mismo. Escuchamos a Clémence cantar la chanson de Jaufré primero en francés (incomunicación entre los amantes) y, después, entremezclada con los pensamientos del propio Jaufré durante unos espléndidos compases en los que Clémence canta en occitano (intentando levantar un puente sobre el abismo que empieza a separarlos) mientras Rudel continúa con su letanía sobre la imposibilidad de atrapar el esquivo fantasma de Clémence. El Peregrino trata de calmar a Rudel, pero no es posible y el Cuadro termina con la orquesta percutiendo como el corazón del trovador.

    El último Cuadro (Tempête) nos presenta el mar encrespado y a un Jaufré cada vez más agitado y nervioso, con su línea de canto entrecortada. La burlona intervención del Coro de Compañeros, que pone en solfa las ominosas intervenciones de Rudel, contribuye a su exasperación. El Peregrino, la voz de la razón, la voz de la propia y cada vez más cercana Clémence, trata de calmarle, pero en un monólogo lleno de desesperación, con un único momento de luz cuando menciona a su "amour de loin", Jaufré se hunde en las tinieblas de su propio interior.

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  14. #26
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    Lo de Rudel es una auténtica crisis de ansiedad. ¡Y qué paciencia tiene el Peregrino con los dos amantes lejanos!

    A pesar de su recomendación de ir piano piano, estimado Schigolch, en cuanto me he hecho con el DVD me he puesto a ver y oir la ópera. En algún sitio había leído que a alguien le había parecido una Pocahontas espectralizada y que en la obra de Saariaho había "mucho azúcar". Así que pensé que a lo mejor tenía hasta melodía. Pero de eso nada, como he podido comprobar. De todas formas, la música electrónica me gusta hasta cierto punto, y eso me ha hecho la escucha más llevadera. No soy un amante de la ópera contemporánea, y cuando me animo a escuchar alguna, de entrada sólo confío en que la música "no moleste". La de "L'amour de loin" no me molesta, y puede que repitiendo hasta llegue a gustarme.

    La idea del amor idealizado sí que me interesa. Bueno, el amor o las personas idealizadas. Y el miedo a descubrir, cuando se acerca el momento de conocer a tu ideal, que a lo mejor no lo es tanto, como le pasa a Rudel en el acto IV. O como la propia Clemence se teme en el acto II. Por cierto, lo que más me ha gustado ha sido el "ambiente de catedral" que, efectivamente, se crea en ese dúo entre Clemence y el Peregrino. También los fragmentos orquestales durante el viaje en barco.

    Me ha llamado la atención que, mientras Rudel le pide al peregrino que le describa a su amada (y el peregrino dice que lo ha hecho ya cincuenta veces), Clemence nunca le pide que le describa físicamente al trovador. Más que su aspecto físico, le interesa saber lo que él dice y piensa de ella. Interesante diferencia desde el punto de vista de la psicología de hombres y mujeres.

    La puesta en escena, original, bonita, bien. Pero tan minimalista...

  15. #27
    Schigolch
    Guest
    Naturalmente que la obra tiene "melodia", estimado Loge. A veces lo que algunos melomanos echan de menos no es la "melodia", sino el "Do mayor", que es otra cosa.

    Por lo demas, la opera gana con el tiempo, y las escuchas. Mientras que aficionados a la musica contemporanea, y un reducido numero de operofilos "tradicionales", pueden entrar en ella rapidamente, creo que se necesita una cierta familaridad previa para que otros aficionados puedan apreciarla en su totalidad.

  16. #28
    Schigolch
    Guest
    Vamos con el quinto y último acto.






    Francés

    Le jardin de la Citadelle, à Tripoli.

    Clémence scrute l’horizon marin. Et c’est le choeur des femmes tripolitaines qui lui apprendra la nouvelle qu’elle espère et redoute à la fois.


    Le Choeur des Tripolitaines

    Comtesse, regardez! Au port, sur le quai, le navire! Il est là! Il est là! Ja’! Ja’! Ja’! Les pèlerins, les fanions, le navire! Le troubadour! Là-bas, Comtesse! Le troubadour! Au port, les croisés, le navire! Lmina! Lmarkab! Ja’! Ja’! Ja’! Le troubadour! Il est là! Il est là!

    Clémence

    Ainsi, il est venu L’insensé! Il n’a pas voulu demeurer l’ombre lointaine L’étrange histoire que l’on colporte, la voix puissante que l’on imite Il ne s’est pas contenté d’être poète et troubadour Il est venu L’insensé

    Ainsi, il est venu L’insensé! Le fou d’amour Il a pris la mer Pour me contempler telle que je suis Et pour que je le contemple de toute sa taille d’homme Pour que je voie bouger ses lèvres lorsqu’elles parlent de moi. Devrais-je me montrer attentive, flattée, reconnaissante? Ou bien réticente, et feindre l’indifférence? Devrais-je demeurer lointaine, inaccessible? Ou, au contraire, me montrer proche? Comment se serait comportée la femme de ses chansons, Celle qu’il appelle Son amour de loin? Ainsi, il est venu L’insensé!

    Le Pèlerin

    Noble dame, je vous apporte une nouvelle Une nouvelle qui vous déplaira.

    Clémence

    Pèlerin, laissez-moi juger seule de ce qui me déplaît ou ne me déplaît pas. Il se peut que vos bonnes nouvelles m’attristent Et que vos mauvaises nouvelles me remplissent de joie. Il se peut aussi que toutes vos nouvelles me laissent indifférente. Que vouliez-vous m’annoncer?

    Le Pèlerin

    Il s’agit de Jaufré, Jaufré Rudel.

    Clémence

    Le troubadour? La nouvelle que vous m’apportez, je la connais déjà. Il s’est croisé, me dit-on, son navire vient d’accoster à Tripoli. Combien de jours restera-t-il?

    Le Pèlerin

    Il ne s’agit pas de cela, noble dame, Je venais vous dire Qu’il se meurt.

    Clémence

    Seigneur! O Seigneur! Seigneur! Seigneur!

    Le Pèlerin

    Il est tombé malade en mer, et ne s’est plus réveillé. Il s’échappe hors de ce monde et vous seule pourriez encore le retenir.

    Clémence

    Où est-il?

    Le Pèlerin

    Dans un moment, il sera ici.

    Clémence

    S’il peut monter jusqu’à la Citadelle C’est qu’il n’est pas aussi mal que vous ne le dites.

    Le Pèlerin

    Quatre hommes le portent sur une civière Les voilà, d’ailleurs, ils arrivent.

    Jaufré

    C’est vous, c’est vous, c’est vous Je vous aurais reconnue entre toutes les femmes.

    Clémence

    Comment vous sentez-vous?

    Jaufré

    Heureux... Heureux comme peut l’être un homme dont le sort ne vous est pas indifférent.

    Clémence

    Que dit le médecin arabe?

    Le Pèlerin

    Il dit qu’il vivra tout au plus jusqu’à l’aube.

    Clémence

    Mon Dieu!

    Jaufré

    Ne chuchotez pas, je n’ignore rien de mon état. Les médecins peuvent mentir pour rassurer le mourant. Les hoquets du cœur ne mentent pas.

    Clémence

    Il est possible que Notre Seigneur ne veuille pas encore vous arracher à ceux qui vous entourent.

    Jaufré

    N’abusons pas des bontés du Ciel! Je lui ai demandé la grâce de vous voir une fois avant de mourir, et vous voilà devant moi La dernière image que je garderai de ce monde est celle de votre visage et de vos yeux qui m’embrassent. La dernière voix que j’aurais entendue, c’est la vôtre, qui cherche à m’apaiser, La dernière sensation de mon corps de mortel, c’est ma main épuisée qui s’endort dans le creux de la vôtre. Que demander de plus au Ciel? Même si je vivais encore cent ans, comment pourrais-je connaître une joie plus entière?

    Les Compagnons en Choeur

    Maudit soit l’amour Lorsqu’il nous fait mépriser l’existence Maudit soit l’amour Lorsqu’il trahit la vie et se fait l’allié de la mort.

    Jaufré

    Ne maudissez pas l’amour, compagnons, C’est lui qui nous donne nos joies Pourquoi n’aurait-il pas le droit de les reprendre? Ce n’est jamais l’amour qui est indigne, c’est nous qui sommes parfois indignes de l’amour. Ce n’est jamais l’amour qui nous trahit, c’est nous qui trahissons l’amour.

    Clémence

    J’aurais tant voulu être poétesse pour vous répondre avec des mots aussi beaux que les vôtres.

    Jaufré

    Vous êtes la beauté et je ne suis que l’étang où la beauté se mire...

    Clémence

    Il est une chose que je pensais garder longtemps en moi, Mais si je ne la disais pas aujourd’hui même, je crains de ne plus jamais pouvoir vous la dire. Vos chansons, je me les récitais le soir, toute seule, dans ma chambre, Et je pleurais de bonheur.

    Jaufré

    Si mes chansons étaient belles, c’est parce que mon amour était pur, et parce que l’objet de mon amour est si beau. Mais vous êtes encore mille fois plus rayonnante et mille fois plus douce que je ne l’imaginais. Si j’avais pu vous contempler, j’aurais trouvé des paroles bien plus belles, et une musique qui pénètre l’âme. Et je vous aurais aimée encore davantage.

    Clémence

    Moi aussi, si nous nous étions rencontrés, je vous aurais aimé.

    Jaufré

    Autant que je vous aime?

    Clémence

    Autant que vous m’aimez.

    Jaufré

    Vous auriez pu dire, je vous aime, Jaufré?

    Clémence

    J’aurais pu dire, oui, je vous aime, Jaufré.

    Jaufré

    Seigneur, pardonnez-moi, j’ai de nouveau envie de vivre!

    Seigneur, si je pouvais rester ainsi, quelques moments, quelques moments de plus Si je pouvais revivre un peu, un peu seulement, Mon amour qui était loin est maintenant près de moi, mon corps est dans ses bras et je respire le parfum le plus doux. Si la mort pouvait attendre au dehors au lieu de me secouer ainsi, impatiente.

    Le Pèlerin

    Mais si la mort n’était pas aussi proche, Jaufré, La femme que tu aimes ne serait pas en cet instant auprès de toi, à t’enlacer. L’air que tu respires ne serait pas imprégné de son parfum, Et elle ne t’aurait pas dit "je t’aime, Jaufré".

    Clémence

    Je t’aime, Jaufré, et je voudrais tant que tu vives.

    Jaufré

    Si jamais le Ciel me guérissait. Me prendrais-tu par la main pour me conduire jusqu’à ta chambre?

    Clémence

    Oui, Jaufré, si le Ciel dans sa bonté voulait bien te guérir, je te prendrais par la main pour te conduire jusqu’à ma chambre.

    Jaufré

    Et je m’étendrais près de toi?

    Clémence

    Et tu t’étendrais près de moi...

    Jaufré

    Et tu poserais la tête sur mon épaule?

    Clémence

    Ma tête sur ton épaule...

    Jaufré

    Ton visage tourné vers le mien, tes lèvres près des miennes...

    Clémence

    Mes lèvres près des tiennes...

    Jaufré

    En cet instant, j’ai tout ce que je désire. Que demander encore à la vie?

    Clémence

    J’espère encore, mon Dieu, j’espère encore. Les anciennes divinités pouvaient être cruelles, mais pas toi, mais pas toi, mon Dieu, Tu es bonté et compassion, tu es miséricorde J’espère encore, mon Dieu, j’espère encore. (choeur) Ce mortel ne porte dans son cœur que l’amour le plus pur, Il fait offrande de sa vie à une inconnue lointaine et se contente d’obtenir en échange un sourire Il remercie le Ciel du peu qu’on lui accorde, et ne demande rien Si avec un être tel que lui, tu n’es pas généreux, Seigneur, avec qui le seras-tu?

    Clémence

    J’avais cru en toi, j’avais espéré, mon Dieu Qu’avec un être si généreux tu te montrerais plus généreux encore, J’avais cru en toi, j’avais espéré, mon Dieu Qu’avec un être aussi aimant tu te montrerais plus capable d’amour encore Que tu nous accorderais un instant, juste un instant de vrai bonheur Sans souffrance, sans maladie, sans la mort qui s’approche Un court moment de bonheur simple, était-ce trop?

    Le Choeur Rassemblé

    Tais-toi, femme, ta passion t’égare Tais-toi, femme, silence!

    Clémence

    De quoi as-tu voulu le punir? De m’avoir appelée déesse? De s’être prétendu croisé, comme s’il partait se battre contre les Infidèles, alors que c’est moi qu’il venait retrouver? Se pourrait-il que tu sois jaloux du fragile bonheur des hommes?

    Le Choeur Rassemblé

    Tais-toi, femme, ta passion t’égare Tais-toi, femme, silence!

    Le Choeur des Tripolitaines

    Voudrais-tu attirer sur notre ville le malheur et la malédiction? Voudrais-tu que la mer se déchaîne, que les vagues sautent par-dessus les murailles pour engloutir nos maisons et noyer nos enfants?

    Les Compagnons en Choeur

    Voudrais-tu attirer sur nous tous le châtiment de Dieu? Pour qu’Il nous abandonne en pleine mer quand la tempête fera rage? Pour qu’Il nous abandonne en pleine bataille quand nos ennemis seront lancés contre nous?

    Le Choeur Rassemblé

    Tais-toi, femme, ta passion t’égare Tais-toi, femme, silence!

    Clémence

    Jaufré croyait venir vers moi, et il a rencontré la Mort. Se peut-il que ma beauté soit l’appât de la Mort? Il a cru voir en moi la Clarté, et je n’étais que la gardienne des Ténèbres! Comment pourrais-je encore aimer ? Comment pourrais-je dévoiler mon corps? Ouvrir mon sein au regard d’un amant?

    Le Pèlerin

    Et moi, Seigneur, pourquoi m’as-Tu choisi pour cette tâche? D’une rive à l’autre, d’une confidence à l’autre, Je croyais tisser les fils blancs d’une robe de mariée, A mon insu je tissais l’étoffe d’un linceul!

    Clémence

    Je ne mérite plus d’être aimée Je ne mérite plus d’être chantée par un poète Ni serrée contre une épaule d’homme, ni caressée. Demain, après les funérailles, je prendrai le deuil. Je porterai une robe de laine épaisse et j’irai me cacher Sous le toit d’un couvent D’où je ne sortirai plus ni vivante ni morte. Je suis veuve d’un homme qui ne m’a pas connue Et jamais aucun homme ne creusera mon lit.

    Clémence

    Si tu t’appelles Amour je n’adore que toi, Seigneur Si tu t’appelles Bonté je n’adore que toi, Si tu t’appelles Pardon je n’adore que toi, Seigneur, Si tu t’appelles Passion, je n’adore que toi. Ma prière s’élève vers toi qui es si loin de moi maintenant, Vers toi qui es si loin Pardonne-moi d’avoir douté de ton amour, Pardonne-moi d’avoir douté de toi! Toi qui as donné ta vie pour moi, Pardonne-moi d’être restée si lointaine A présent c’est toi qui es loin Es-tu encore là pour écouter ma prière? A présent c’est toi qui es loin A présent c’est toi l’amour de loin Seigneur, Seigneur, c’est toi l’amour, C’est toi l’amour de loin...






    Castellano


    El jardín de la Ciudadela, en Tripoli

    Clémence escruta el horizonte marino. Y es el core de mujeres tripolitanas quienes le advierten de la noticia que espera y teme a la vez


    Coro de Tripolitanas

    Mirad, Condesa. En el puerto, en el muelle, el navío. Está aquí. Está aquí. Ja,ja,ja. Los peregrinos, los banderines, el navío. El trovador. Abajo, Condesa. El Trovador. En el puerto, los cruzados, el navío. El trovador. Está aquí, está aquí.

    Clémence

    Entonces, ha venido. Insensato. No ha querido permanecer como una sombra lejana. La extraña historia que se divulga, la voz potente que se imita. No se ha contentado con ser poeta y trovador. Ha venido, el insensato.

    Entonces, ha venido. Insensato. Loco de amor se ha arrojado al mar. Para mirarme tal como soy. Y para que yo le mire en toda su estatura como hombre. Para que vea como se mueven sus labios cuando hablan de mí. ¿Debo mostrarme atenta, halagasa, agradecida?, ¿O tal vez reticente, y fingir indiferencia?. ¿Debo permanecer lejana, inaccesible?. ¿O, al contrario, mostrarme cercana?. ¿Cómo se comportaría esa mujer de sus canciones, a la que llama su amor de lejos?. Entonces, ha venido. Insensato.

    Peregrino

    Noble dama, os traigo una noticia. Una noticia que os disgustará.

    Clémence

    Peregrino, dejad que yo misma juzgue lo que me place o no me place. Puede que vuestras buenas noticias me entristezcan. Y que vuestras malas noticias me llenen de alegría. Tambíen puede que todas vuestras noticias me dejen indiferente. ¿Que queréis anunciarme?

    Peregrino

    Se trata de Jaufré, Jaufré Rudel

    Clémence

    ¿El trovador?. Ya sé la noticia que me traéis. Es un cruzado, me dicen, y su navío acaba de atracar en Tripoli. ¿Cuántos días se quedará?

    Peregrino

    No se trata de esto, noble dama. Vengo a deciros que agoniza

    Clémence

    Señor, Oh Señor, Señor, Señor

    Peregrino

    Ha enfermado en el mar, y no se recupera. Está dejando este mundo, y sólo vos podéis aún retenerle

    Clémence

    ¿Dónde está?

    Peregrino

    En un momento, estará aquí.

    Clémence

    Si puede subir hasta la Ciudadela, no estará tan mal como decís

    Peregrino

    Cuatro hombres le llevan en camilla. De hecho, están llegando en este momento

    Jaufré

    Sois vos, sois vos, sois vos. Os reconocería entre todas las mujeres.

    Clémence

    ¿Cómo os sentís?

    Jaufré

    Feliz.... Feliz como puede estarlo un hombre cuya suerte no os es indiferente

    Clémence

    ¿Qué dice el médico árabe?

    Peregrino

    No vivirá más allá del alba.

    Clémence

    Dios mío

    Jaufré

    No habléis en susurros, conozco mi estado. Los médicos pueden mentir para consolar al moribundo. Los pálpitos no mienten

    Clémence

    Es posible que Nuestro Señor no quiera todavía arrancaros de entre nosotros

    Jaufré

    No abusemos de la bondad del Cielo. Le he pedido la gracia de veros una vez antes de morir, y estáis delante de mí. La última imagen que guardaré de este mundo será de vuestro rostro y vuestros ojos que me abrazan. La última voz que escucharé, será la vuestra, que trata de tranquilizarme. La última sensación de mi cuerpo mortal será mi mano agotada que se duerme en la palma de la vuestra. ¿Quié más pedir al Cielo?. Incluso si viviera cien años más, ¿cómo podría tener una alegría más completa?

    Coro de compañeros

    Maldito sea el amor, cuando nos hace despreciar nuestra existencia. Maldito sea el amor, cuando traiciona la vida y se hace aliado de la muerte

    Jaufré

    No maldigáis el amor, compañeros. Nos da nuestras alegrías, ¿no debería tener pues el derecho de reclamarlas?. Nunca el amor es indigno, somos nosotros quienes a veces somos indignos del amor. Nunca el amor nos traiciona, somos nosotros quienes traicionamos al amor.

    Clémence

    Me hubiera gustado tanto ser poetisa, para responder a vuestras palabras con otras igual de bellas

    Jaufré

    Vos sois la belleza y yo no soy más que el estanque donde la belleza se refleja...

    Clémence

    Hay algo que pensaba guardar en mi interior mucho tiempo. Pero si no lo digo hoy mismo, temo que jamás pueda decirlo. Vuestras canciones, las recitaba por la tarde, sola, en mi cuarto. Y lloraba de felicidad

    Jaufré

    Si mis canciones eran bellas, es porque mi amor era puro, y el objeto de mi amor, tan bello. Pero sois todavía mil veces más radiante y mil veces más dulce de lo que imaginaba. Si os hubiera podido contemplar, habría encontrado palabras mucho más hermosas, y una música que penetrara el alma. Y os habría amado aún más

    Clémence

    También yo, si nos hubiéramos encontrado, os habría amado

    Jaufré

    ¿Tanto como yo os amo?

    Clémence

    Tanto como me amáis

    Jaufré

    ¿Podríais haber dicho, os amo, Jaufré?

    Clémence

    Habría podido decir, os amo, Jaufré

    Jaufré

    Señor, perdonadme, de nuevo tengo ganas de vivir

    Señor, si pudiera permanecer así, durante algún instante, algún instante más. Si pudiera revivir un poco, solamente un poco. Mi amor que era lejano y ahora está junto a mí, mi cuerpo está en sus brazos y respiro el más dulce perfume. Si la muerte pudiera esperar fuera, en lugar de agarrarme así, impaciente

    Peregrino

    Pero si la muerte no estuviera tan próxima, Jaufré, la mujer que amas no estaría en estos momentos junto a ti, abrazándote. El aire que respiras no estaría impregnado de su perfume, y ella no te habría dicho: "te amo, Jaufré".

    Clémence

    Te amo, Jaufré, y me gustaría tanto que viviéses

    Jaufré

    Si el Cielo quisiera curarme, me cogerías la mano y me llevarías a tu alcoba

    Clémence

    Sí, Jaufré, si el Cielo en su bondad quiere curarte, te cogeré de la mano para llevarte a mi alcoba

    Jaufré

    ¿Y estaría tumbado a tu lado?

    Clémence

    Estarías tumbado a mi lado…

    Jaufré

    ¿Y apoyarías tu cabeza en mi hombro?

    Clémence

    Mi cabeza sobre tu hombro….

    Jaufré

    Tu rostro vuelto hacía el mío, tus labios cerca de los míos

    Clémence

    Mis labios cerca de los tuyos

    Jaufré

    En este momento, tengo todo lo que deseo. ¿Qué mas pedir a la vida?

    Clémence

    Todavía espero, Dios mío, todavía espero. Las antiguas divinidades podían ser crueles, pero no Tú, no Tú, Dios mío. Tú eres bondad y compasión, eres misericordia. Todavía espero, Dios mío, todavía espero. (coro) Este mortal no tenía nada en su corazón salvo el amor más puro. Ofreció su vida a una mujer distante y desconocida, y se contentó con recibir a cambio una sonrisa. Agradeció al Cielo lo poco que le fue concedido, y no pidió nada. Si con un ser como él no eres generoso, Señor, ¿con quién lo serás?

    Clémence

    Creí en Ti, tenía esperanza, Dios mío. Que con un ser tan generoso te mostrarías aún más generoso. Creí en Ti, tenía esperanza, Dios mío. Que con un ser tan amoroso te mostrarías aún más capaz de amar. Que no nos hayas concedido un instante, tan solo un instante de verdadera felicidad. Sin sufrimiento, sin enfermedad, sin la muerte que se aproxima. Un breve momento de simple felicidad, ¿era demasiado?

    Coro reunido

    Calla, mujer, la pasión te ciega. Calla, mujer, silencio

    Clémence

    ¿Qué buscabas castigar?. ¿Qué me llamara diosa?. ¿Qué pretendiera ser un cruzado, ir a batirse contra los infieles, cuando era a mí a quien venía a encontrar?. ¿Puede que estuvieras celoso de la frágil felicidad de los hombres?

    Coro reunido

    Calla, mujer, la pasión te ciega. Calla, mujer, silencio

    Coro de Tripolitanas

    ¿Pretendes que caiga sobre nuestra ciudad la desgracia y la maldición?. ¿Quieres que el mar se agite, que las olas salten por encima de las murallas para devorar nuestras casas y nuestros hijos?

    Coro de compañeros

    ¿Quieres atraer sobre nosotros el castigo de Dios?. ¿Para que nos abandone en plena mar cuando ruja la tormenta? ¿Para que nos abandone en medio de la batalla cuando nuestros enemigos se lancen contra nosotros?

    Coro reunido

    Calla, mujer, la pasión te ciega. Calla, mujer, silencio

    Clémence

    Jaufré creía que venía hacia mí, y ha encontrado la muerte. ¿Puede que mi belleza fuera el anzuelo de la Muerte?. Creyó ver en mí la Claridad, y no he sido más que la guardiana de las Tinieblas. ¿Cómo puedo amar de nuevo?. ¿Cómo podría descubrir mi cuerpo?. ¿Abrir mi seno a la mirada de un amante?

    Peregrino

    ¿Y yo, Señor, por qué me has elegido para esta tarea?. De una orilla a otra, de una confidencia a otra, creía tejer los blancos hilos de un vestido de novia. No sabía que tejía la tela de un sudario.

    Clémence

    No merezco ser amada. No merezco que me cante un poeta. Ni sostenida por el hombro de un hombre, ni acariciada. Marñana, tras el funeral, llevaré luto. Un vestido de lana gruesa y me ocultaré. Bajo el techo de un convento del que no saldrá ni viva ni muerta. Soy la viuda de un hombre que no me ha conocido, y ningún otro hombre entrará en mi lecho

    Clémence

    Si te llamas Amor, sólo te adoro a ti, Señor. Si te llamas Bondad, sólo te adoro a ti, Señor. Si te llamas Perdón, sólo te adoro a ti, Señor. Si te llamas Pasion, sólo te adoro a ti. Mi oración se eleva a ti que estás tan lejos de mí. Hacia ti que estas tan lejano. Perdona que haya dudado de tu amor, perdona que haya dudado de tí. Tú que has dado la vida por mí, perdona que haya permanecido tan lejana. Ahora eres tú quien esta lejano. Ahora eres tí el amor lejano, Señor, Señor, eres tú el amor, eres tú el amor lejano...







    Una breve intervención del Coro abre el acto, casi en parlando. La atmósfera oriental invade la escena. Una Clémence casi desafiante reta al Coro, mientras escuchamos sonidos marinos. La llegada del Peregrino y el grito de desesperación de la Condesa: "Seigneur, Seigneur..." termina el cuado.

    En el Segundo Cuadro, tal vez el más bello de la ópera, asistimos al diálogo entre Jaufré y Clémence. Son momentos de gran lirismo, en los que ambos confiesan su amor y escuchamos por primera y única vez los acordes "orientales" mientras canta Jaufré. La percusión y los vientos, van puntuando la acción, hasta quedar unidos como los dos amantes. En un momento, Jaufré parece revivir, y se desata una pequeña tormenta en la orquesta, subrayada por la electrónica, pero la resignación ante una suerte fatal termina por imponerse, y la muerte de Jaufré, en brazos de su amada, funciona casi como un anticlímax.

    Durante el Tercer Cuadro, tal vez un poco demasiado extenso, Clémence se rebela contra el destino, y denuncia agitadamente su triste sino. Las reprimendas del Coro y los lamentos del Peregrino completan la acción.

    Un pequeño interludio nos lleva a la última escena, años después, donde Clémence, convertida en una monja, reza una bella oración, inspirada en la Traversée del principio de la ópera, ¿A Dios?, ¿A Jaufré?... que termina en un precioso "C'est toi, l'amour de loin".

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  18. #29
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    Tendré que ampliar mi concepto de "melodía" Y de paso, el de "azúcar", je, je.

    No se me ha hecho largo el tercer cuadro. Lo encuentro muy lógico y consecuente.

    En mi post anterior olvidé un pequeño comentario sobre los intérpretes. La voz de Upshaw, en efecto, me parece muy adecuada para el carácter que le da la autora a su personaje, con ese timbre angelical, como usted dijo. Pero sus facciones no le acompañan, me parece a mí. Si en vez de oirla cantar viese sólo una foto, pensaría más en una Lady Macbeth o una Cruella Devil. Me ha producido un efecto extraño ver esa cara (y no digo que sea fea, ojo) unida a ese timbre de voz. Estoy de acuerdo en que la interpretación de Finley gana muchos puntos si se le ve que si sólo se le oye. Y en cuanto a que Groop no aporta gran cosa... pues no sé qué tendría que aportar. A mí me ha gustado bastante.

    En resumen: la música no me ha echado para atrás; puedo decir que me ha interesado. El libreto sí que me ha parecido precioso. De modo que volveré alguna vez más sobre esta obra. En este caso sí que estoy convencido de que, como dice usted, ganará con el tiempo y las escuchas. Los comentarios y explicaciones que ha incluido al final del texto de cada acto me han ayudado mucho para apreciar detalles y valorar más esta ópera. ¡Muchas gracias, maestro!

  19. #30
    Schigolch
    Guest
    Es un gran libreto, muy hermoso, desde un punto de vista literario.

    En mi reparto ideal para esta opera, en estos momentos, incluia al propio Finley, junto a Angela Gheorghiu (Clemence) y Sophie Koch (Pelerin).

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